Construit en 1870, le château du Tournepuits à Guînes, Pas-de-Calais, a récemment été converti en logements sociaux écologiques après une période prolongée d'abandon et de déclin. Ce projet innovant comprend une surélévation en bois moderne, qui a soulevé de vives réactions au sein de la communauté.
À l'origine, le château appartenait à Narcisse Boulanger, un ancien maire de Guînes, qui l'a construit lui-même. Au fil des ans, l'édifice a connu plusieurs usages, allant de l'habitat familial à l'occupation par une usine. Après de nombreuses années d'errance, la municipalité a pris la décision de le réhabiliter, entraînant des travaux qui se sont achevés en 2023, impliquant diverses entreprises locales.
La revitalisation a permis d'ériger neuf logements sociaux à faible empreinte carbone. Pour tirer parti de l'espace disponible, une extension a été construite à l'arrière, ainsi qu'une surélévation destinée à remplacer une charpente abîmée par des dommages. Ces nouvelles structures, aux lignes contemporaines et utilisant des matériaux comme l'ossature bois et l'isolation en bottes de paille, ont été critiquées pour leur contraste avec l'architecture du XIXe siècle.
"C’est à pleurer", a commenté Nicolas Milovanovic, conservateur en chef au musée du Louvre, sur les réseaux sociaux, évoquant ce qu'il appelle la "laideur absolue" de l'ajout architectural. De nombreux internautes questionnent la légitimité d'une telle réhabilitation par les Bâtiments de France.
La Foncière Chênelet, responsable du projet, défend néanmoins son approche. "Nous expérimentons des solutions de réhabilitation pour convertir des bâtiments vétustes en logements sociaux adaptés au vieillissement et aux personnes handicapées", explique la structure, qui a collaboré avec l'Agence Nationale de l'Habitat (Anah). Le coût total de l'opération est estimé à 2,8 millions d'euros.
Pour l'heure, ni la mairie de Guînes, ni la Foncière Chênelet n’ont abordé directement ces critiques. Ce chantier soulève donc des questions essentielles sur l'avenir des bâtiments historiques et le besoin d'adaptation aux nouvelles normes écologiques.







