Des messages xénophobes, racistes et antisémites attribués à Quentin Deranque, un militant identitaire, ont émergé dans une enquête menée par Mediapart. Ce jeune homme, tué à Lyon en février, affichait sur les réseaux sociaux des tendances fascistes et glorifiait le nazisme.
Dans un article récent, Mediapart a révélé que Deranque avait publié « des milliers » de messages via un compte anonyme sur X, exposant l'ampleur de sa rhétorique raciste et antisémite. Des déclarations comme « On veut le fascisme » ou « je soutiens Adolf » en témoignent. D'autres messages haineux incluent des insultes à Simone Veil, qualifiée de « salope meurtrière ».
Un parcours extrême bien établi
Quentin Deranque avait des antécédents confirmés d'engagement aux côtés de mouvements identitaires extrémistes, notamment l'Action française et les nationalistes révolutionnaires. En participant au défilé du Comité du 9-Mai, il s'était également affiché avec des symboles néofascistes.
Les détails de son idéologie extrême n'ont jamais été aussi exposés qu'après sa mort, survenue suite à une attaque par des militants opposés. Ce constat soulève des questions sur la manière dont la société perçoit les figures controversées de l'extrême droite.
Le 12 février, Deranque a été agressé par un groupe de personnes cagoulées lors d'un affrontement à Lyon, avant de décéder de ses blessures quelques jours plus tard. Une minute de silence en son honneur a eu lieu à l'Assemblée nationale, suivie d'une manifestation dans laquelle il a été présenté comme un « martyr » par ses partisans.
Une victime controversée
Suite à la publication des messages d'une intensité choquante, de nombreux responsables politiques se sont exprimés. La députée LFI Gabrielle Cathala a questionné ceux qui ont participé à la minute de silence, tandis qu'Olivier Faure, leader du PS, a qualifié des tentatives de glorification de Deranque de « honteuses ». Il a déclaré : « Il a été une victime mais il ne sera jamais un héros ».
Avant ces révélations, un membre du Rassemblement National avait tenté de le revendiquer comme un membre de leur « tribu », ce qui a incité des réactions cinglantes sur les réseaux sociaux. Antoine Léaument a rappelé sarcastiquement la nature de cette « tribu ».
L’enquête sur sa mort se poursuit d’ailleurs, avec plusieurs suspects en détention provisoire, tous niant cependant avoir eu l'intention de le tuer. Le procureur de Lyon a précisé que bien que certains aient reconnu avoir participé à l’agression, la motivation de leur acte demeure discutée.







