Près d'un millier de salariés sont actifs sur le chantier des nouveaux réacteurs EPR2 de la centrale nucléaire de Penly, avec une prévision d'atteindre plus de 10.000 emplois d'ici quelques années. Ce projet, décrit par Emmanuel Macron comme "le chantier du siècle", s'inscrit dans une ambition plus large : celle de redynamiser le secteur nucléaire français et de répondre aux besoins énergétiques de la France. La centrale, située près de la côte d'Albâtre, est au cœur d'un des plus grands projets industriels d'Europe, selon EDF.
Le site est déjà en pleine transformation, avec un développement intense d'infrastructures : routes, ronds-points et infrastructures sécurisées accueillent un flot constant de camions transportant des matériaux nécessaires aux travaux. "On a besoin de place pour ces deux réacteurs, donc on reprofile la falaise pour créer une avancée sur la mer d'environ vingt hectares", explique Frédéric Hennion, directeur du projet EPR2 à Penly.
De l'électricité utile ?
Ce chantier, lancé sur l'initiative d'Emmanuel Macron en 2022, témoigne de l'importance croissante accordée à l'énergie nucléaire dans le paysage énergétique français. Lors de sa visite le 12 mars, le président a souligné que ces nouveaux réacteurs devraient fournir d'ici 2038 une électricité suffisante pour couvrir la consommation totale de la Normandie, ou même la moitié de l'Île-de-France. Bien que la France soit actuellement un exportateur net d'électricité, Emmanuel Macron a réaffirmé sa volonté d'investir dans le potentiel des EPR2, dont six sont en planification à Gravelines et Bugey, et potentiellement huit supplémentaires à l'avenir.
Lors de son passage, le président a également échangé avec Sébastien Jumel, président de la communauté d'agglomération de Dieppe. L'élu communiste a mis en lumière plusieurs enjeux cruciaux : "Nous devons construire près de 3.000 logements sans aide de l'État; en matière de santé, l'afflux de plus de 10.000 nouveaux habitants implique de prévoir des soins adaptés; enfin, la sécurité doit être anticipée face à cette augmentation démographique", a-t-il souligné.
Pour soutenir financièrement le programme EPR2, le Conseil de politique nucléaire a annoncé que le livret A pourrait y contribuer. EDF s'est quant à elle engagée à contenir les coûts des trois paires de réacteurs envisagées à 72 milliards d'euros. Ces décisions, selon les experts, sont essentielles pour assurer le développement durable et la compétitivité du secteur énergétique français, tout en répondant aux défis contemporains des besoins énergétiques croissants.







