À l'approche des élections municipales de 2026, la plage s'affiche comme un enjeu majeur à Marseille. « C'est devenu un sujet incontournable à Marseille », déclare Alain Michaud-Bonnet, vice-président de l'association des commerçants de l'Escale Borély. Situé sur le littoral, ce site réunit commerces et loisirs, mais la fréquentation a chuté de près de 50 % ces dernières années. Pour revitaliser cet espace, les commerçants souhaitent réorganiser la promenade et harmoniser les terrasses, un projet soutenu par le cabinet d'architectes MAP.
La ville, qui s'étend sur 57 kilomètres de littoral, est marquée par un accès à la mer inégal. Le port maritime au nord limite l'accès et les plages du centre sont souvent trop étroites. Les infrastructures, vieillissantes, compliquent encore plus les choses. Comme le souligne Simon, glacier à l'Escale, « le littoral est géré par des bureaucrates qui ne comprennent rien au terrain ».
Divers collectifs citoyens, tels que Les Libres Nageurs et le Collectif de la Plage de l'Anse du Pharo, s'engagent à défendre un meilleur accès aux plages. Eddy Fabiani, membre actif de ce dernier, observe une montée en puissance du débat par rapport aux élections de 2020.
Démocratisation de l'accès à la mer
Trois listes ont aujourd'hui répondu à ces préoccupations, notamment le Printemps Marseillais et les candidats de LFI. Leur programme propose d'ouvrir la digue du large aux particuliers, une initiative bien accueillie par les collectifs. Benoît Payan, le maire sortant, a même envisagé un doublement de la plage de Corbière pour améliorer l'accès. Selon Fabiani, « les quartiers nord souffrent le plus de la coupure du littoral ».
En revanche, Martine Vassal, candidate pour l'union de la droite, n'a pas répondu aux collectifs, mais défend l'idée de créer des plages « privées municipales » aux îles du Frioul. La controverse concerne également le projet de Franck Allisio, candidat RN, qui propose un « pass anti-racailles » pour restreindre l'accès à certaines plages à des horaires déterminés, éveillant des inquiétudes parmi les Marseillais sur une éventuelle stigmatisation.
Malgré ces débats, l'influence de la mer sur le choix des électeurs semble croissante. Dans une ville où la plage ne représente pas encore un critère décisif, elle pourrait jouer un rôle inattendu dans les dynamiques électorales future.







