L’artiste minimaliste parisienne Éliane Radigue, qui s'est brillamment illustrée aux côtés de figures emblématiques telles que Pierre Schaeffer et Pierre Henry, a laissé un héritage indélébile dans le monde de la musique électronique. Elle est décédée lundi à Paris à l’âge de 94 ans, comme l'a annoncé sa famille dans un communiqué transmis à l’AFP.
Née en 1932 à Paris, Éliane Radigue s’est immergée dans la musique concrète sous l’aile des maîtres du genre. En 1955, elle rejoint le Studio d’Essai, un laboratoire d’expérimentation sonore, où elle devient l'une des rares femmes à s'affirmer dans un domaine majoritairement masculin. En 2019, le Center for Art and Media de Karlsruhe, en Allemagne, a souligné sa contribution significative à la musique électronique en lui décernant un prix.
Adepte de l’ARP 2500
Ancienne compagne du sculpteur Arman, elle a également collaboré avec Pierre Henry, illustre compositeur de musique électroacoustique. Ensemble, ils ont travaillé sur l'« Apocalypse de Jean » en 1968. À cette époque, Éliane fréquente aussi de nombreux compositeurs américains, notamment minimalistes, et bénéficie d'une résidence à la New York University School of the Arts. C'est là qu'elle découvre les premiers synthétiseurs, en particulier l’ARP 2500, qu'elle utilise de manière presque exclusive jusqu’en 2000.
Son œuvre intemporelle, comme la célèbre « Trilogie de la mort » composée entre 1990 et 1998, est profondément inspirée par le bouddhisme et a été acclamée comme l'une de ses réalisations majeures. Selon des experts, son impact sur le paysage musical contemporain reste inestimable, et son héritage continuera d'inspirer de nouvelles générations d'artistes. Éliane Radigue incarne ainsi une figure essentielle de l’évolution de la musique électronique en France et au-delà.







