Le 20 février dernier, le tambour parleur Djidji Ayôkwé, un instrument sacré d'une importance monumentale, a été restitué aux autorités ivoiriennes, marquant la fin d'un voyage de 110 ans depuis son appropriation par les autorités coloniales françaises en 1916.
Cette cérémonie, tenue au musée du quai Branly à Paris, a été qualifiée par News Ghana de “moment symboliquement chargé” dans la prise de conscience de la France face à son héritage colonial. Rachida Dati, ministre de la Culture française, a signé l'accord avec sa collègue ivoirienne, Françoise Remarck, officialisant le transfert de propriété du tambour.
Pesant 430 kg et mesurant plus de trois mètres de long, le Djidji Ayôkwé est bien plus qu'un simple objet ; il représentait un système de communication acoustique utilisé par le peuple ébrié pour transmettre alertes et annonces au sein de la communauté. “C'était un véritable chemin de télécommunication qui traversait le pays par le son”, a déclaré un expert de la culture ivoirienne.
“Une voix réduite au silence”
Ce retour s'inscrit dans un mouvement plus large de restitution d'objets culturels, soutenu par plusieurs pays africains. La Côte d'Ivoire avait formellement demandé la restitution non seulement du tambour, mais aussi de 147 autres objets en 2018, une demande qui a reçu le soutien d'Emmanuel Macron en 2021 et a été approuvée par le Parlement français en juillet 2025.
Rachida Dati a déclaré : “La Côte d’Ivoire entière est prête” à accueillir le tambour, qui sera exposé au musée des civilisations de la Côte d'Ivoire, en cours de rénovation. “Ce retour représente bien plus qu’un simple objet historique”, a récemment souligné News Ghana. “C’est la renaissance d’une voix qui, silencieuse trop longtemps, retrouvera enfin son écho sur sa terre natale”.







