Le parquet de Paris a récemment décidé de procéder à une « réanalyse intégrale du dossier d’instruction » concernant Jean-Luc Brunel, un ancien agent de mannequins lié à Jeffrey Epstein. Ce dossier avait été clos par un non-lieu en 2023, suite au suicide de Brunel en détention en 2022.
Dans un communiqué, le parquet explique qu'il s'agit ici de « pouvoir en extraire toute pièce susceptible d’être utilement réexploitée dans un nouveau cadre d’enquête ». Ce nouveau développement fait suite à une première enquête menée entre 2019 et 2023, qui avait mis en lumière des violences sexuelles et un réseau complexe de manipulation autour de Brunel.
En été 2019, le parquet a reçu deux signalements préoccupants : l'un de l'association Innocence en danger et l'autre de Femme et libre, alertant sur des « complicités françaises » potentielles dans l’affaire Epstein. Une plaignante avait accusé Brunel de l’avoir violée dans les années 1980, lorsqu'elle était jeune mannequin.
Pour mener ses investigations, le parquet a sollicité l’Office Central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP). Les enquêteurs ont démontré que Brunel entretenait des relations très proches avec Epstein, offrant des opportunités d'emploi à des jeunes filles vulnérables et s'adonnant à des actes sexuels avec des mineures, comme l’a rapporté Le Figaro.
De nombreux témoignages ont émergé, affirmant avoir assisté à des soirées où l’alcool et la drogue étaient omniprésents. Certaines femmes ont signalé un « climat de violences sexuelles », avec des faits se produisant tant à Paris qu’en d'autres lieux, y compris dans des boîtes de nuit et des appartements de Brunel.
L'enquête a révélé qu'une importante partie de l’élément incriminant repose sur des échanges d'emails et des preuves matérielles liant Brunel et Epstein. Bien qu'aucune conversation explicite n'ait été retrouvée concernant des relations sexuelles, la nature des dialogues évoquait des jeunes filles et leur gestion, ce qui constitue un élément crucial selon le parquet.
Au total, dix femmes ont accusé Brunel de divers crimes sexuels, indiquant que certaines d'entre elles n'étaient même pas majeures au moment des faits. Ces nouvelles révélations ont conduit à son arrestation à l’aéroport de Roissy en 2020 alors qu’il tentait de s’enfuir, portant avec lui une importante somme d’argent.
Jean-Luc Brunel avait été mis en examen pour plusieurs chefs d’accusation, y compris viols et harcèlement sexuel, avant d’être retrouvé mort dans sa cellule. Suite à son décès, l'information judiciaire destinée à enquêter sur les circonstances de sa mort a été close sans éléments inquiétants.
La réouverture de cette enquête par le parquet de Paris pourrait avoir des conséquences importantes, notamment en ce qui concerne « d’éventuelles infractions liées à des ressortissants français » en rapport avec l'affaire Epstein, un financier dont le suicide en prison avait choqué l'opinion publique et relancé de nombreux questionnements sur l’ordre établi.







