Grégory C. a été condamné par la cour d'assises du Val-d'Oise à une peine de 20 ans de prison pour le meurtre de Thierry, son meilleur ami, abattu en 2010. Réagissant avec des insultes, il a maintenu son innocence tout au long du procès, prévoyant de faire appel.
L'incident tragique s'est produit à Argenteuil, où la police a découvert le véhicule de la victime le 3 décembre 2010. Thierry, âgé de 25 ans, a été retrouvé mort dans sa voiture, criblé de balles. L'enquête a rapidement pointé vers Grégory, alors âgé de 27 ans, en raison de sa relation avec la sœur de la victime, Jennifer.
Pour l'accusation, la jalousie de Grégory face à cette relation a été un motif central du crime. L'avocate générale a souligné : "Il ne pouvait pas supporter que sa sœur sorte avec un homme, surtout un qui lui ressemblait tant." Cette histoire de rivalité amicale, où la loyauté et la possessivité se mêlent tragiquement, a ému la cour.
Des personnalités aux antipodes
Les avocats de la famille de la victime, Me Caty Richard et Me Axel Calvet, ont mis en avant les similitudes entre les deux hommes mais aussi leurs différences. "C'étaient tous deux des charmeurs, mais des styles de vie très différents. Aucune des femmes qui ont fréquenté Thierry ne s'est jamais plaint de lui", a insisté Me Richard, contrastant avec la peur inspirée par Grégory.
Une connaissance a témoigné de sa terreur face à Grégory. "Sandra n'a pas osé le regarder une única fois", a-t-elle affirmé. Cette peur semble s'étendre même à sa propre sœur, qui, malgré son appréhension, a témoigné contre lui.
Un sentiment de trahison palpable
Le lien entre Grégory et Thierry a été décrit comme celui de frères, mais la découverte de la relation entre Thierry et Jennifer a suscité une rancœur profonde. Grégory a admis, lors d'une expertise psychologique, qu'il aurait souhaité "casser les jambes" à Thierry. Son avocat, Jérôme Crépin, interprète cela comme une preuve de franchise nécessaire à sa défense.
Grégory a également signalé qu'il était en Thaïlande durant une partie de l'enquête. "Il aurait pu fuir, mais il a choisi de revenir. Cela montre qu'il n'était pas un meurtrier en cavale", a ajouté son avocat.
Des preuves accablantes
L'affaire repose non seulement sur le mobile émotionnel, mais aussi sur des éléments matériels. Les empreintes digitales de Grégory et des résidus de poudre d'arme à feu retrouvés sur lui ont été des éléments déterminants pour l'accusation. L'avocate générale a fait remarquer que la position de la portière et les angles des impacts de balles indiquent qu’une personne proche de la victime était impliquée.
Grégory a tenté de se défendre en avançant qu'il n'était pas impliqué dans le meurtre, affirmant que Thierry était venu chez lui pour écouter de la musique. Cependant, les preuves matérielles semblent aller à l'encontre de sa version des faits. L'avocat de la défense argumente que des traces de poudre ne signifient pas nécessairement culpabilité, ajoutant que les experts ont reconnu que ces résidus pourraient provenir d'une manipulation innocente d'une arme à feu.







