Nouvelle manche dans le conflit qui oppose les Eaux de Bonneval au géant Nestlé Waters. Après avoir intenté un procès pour un montant colossal de 1,6 milliard d'euros pour concurrence déloyale en octobre dernier devant le tribunal de Nanterre, l'entreprise haut-savoyarde passe à la vitesse supérieure. Le 10 février 2026, le groupe Bonneval Emergence a déposé trois recours en justice contre l'État, remettant en question les autorisations accordées à Nestlé par les préfectures du Gard et des Vosges pour le filtrage de ses eaux labellisées "minérales naturelles". Cette décision a été qualifiée d'"incompréhensible" par David Merle, le PDG de Bonneval Emergence.
Les arrêtés préfectoraux en question permettent à Nestlé d'utiliser des filtres désinfectants de 0,45 micron pour commercialiser des produits tels que Hépar, Contrex et Perrier sous l'étiquette de "naturelles". Merle souligne que le processus de filtration transforme l'eau, la rendant comparable à celle du robinet tout en la vendant à un prix exorbitant. "L'utilisation de filtre de 0,45 micron signifie désinfection", a-t-il déclaré, insistant sur le fait que cette pratique est trompeuse pour les consommateurs.
Devant cette situation, le PDG de Bonneval a affirmé qu'il était déterminé à défendre la distinction de l'eau minérale naturelle, une appellation strictement régulée par des normes européennes. Il a himmé rapporté des actions en justice contre les préfectures si ces dernières n'annulent pas leurs arrêtés dans un délai raisonnable.
Ce conflit s'inscrit dans un contexte plus large, notamment le *scandale des eaux Perrier*, où des bouteilles étiquetées comme "eau minérale naturelle" avaient en réalité été filtrées avant cette mise en bouteille. En 2024, Nestlé avait choisi de payer une amende de deux millions d'euros pour éviter un procès, un précédent qui alimente les préoccupations concernant la transparence et l'éthique de l'industrie des eaux embouteillées.
"Une eau minérale naturelle ne peut pas être filtrée, c'est interdit", a affirmé Merle, réaffirmant la volonté de son entreprise de se battre pour l'intégrité de cette appellation. Ce dossier fait couler beaucoup d'encre et il est à suivre de près, alors que les enjeux économiques et éthiques sont particulièrement élevés dans le secteur des eaux conditionnées.







