La dynamique de la gauche non mélenchoniste a pris un tournant décisif samedi à Tours, où les acteurs clés ont officialisé la tenue d'une primaire le 11 octobre prochain. Cela intervient dans un contexte de division au sein du Parti Socialiste (PS), lequel doit encore valider sa participation.
Ce rassemblement fait suite à un engagement pris en juillet dernier à Bagneux (Hauts-de-Seine) d'unir leurs forces pour 2027. Parmi les figures de cette alliance se « trouvent la cheffe des Écologistes Marine Tondelier, ainsi que les députés Clémentine Autain (L'Après), François Ruffin (Debout!) et l'ancienne prétendante à Matignon Lucie Castets. Leur objectif est d’assurer une candidature collective capable d'accéder au second tour de l’élection présidentielle.
Clémentine Autain a souligné : "Nous avons l'obligation d'offrir une perspective aux classes populaires et à la gauche de notre pays." En réponse aux doutes exprimés par certains membres de la gauche, Marine Tondelier a rétorqué que ceux qui estiment pouvoir accéder seuls au second tour se trompent.
Les représentants de l'alliance, intitulée Front Populaire 2027, ambitionnent d'attirer deux millions de votants à cette primaire, prévoyant des urnes dans tous les cantons français et un vote numérique potentiel. Bien que les modalités de vote restent à finaliser, l'option d'un scrutin uninominal à deux tours semble exclue pour l'instant.
Les candidats devront obtenir 500 parrainages de maires, une mesure visant à garantir la validité des candidatures. Olivier Faure, le leader des socialistes, a insisté sur l'importance de filtrer les candidatures "pour éviter des candidatures fictives".
Ce processus de désignation sera mis aux voix des militants socialistes après les élections municipales. Faure, bien qu'il n'ait pas encore décidé de se lancer lui-même, s'engage à défendre cette primaire au sein de son parti, malgré les réticences qui persistent, notamment de la part des partisans de Nicolas Mayer-Rossignol.
Les opinions divergent au sein du PS, certains, comme François Hollande, plaidant pour une fédération de la gauche réformiste, créant ainsi un cadre consensuel pour désigner un candidat commun. Pour Hollande, la dynamique actuelle démontre le manque de sens d’une telle primaire, citant les tensions au sein de l'Assemblée.
Olivier Faure devra également convaincre le cercle de Boris Vallaud, perçu comme crucial pour l'avenir du PS. Ce dernier critique l'initiative, qualifiant la primaire de "bric et de broc" sans la présence de Raphaël Glucksmann, un autre acteur central dans cette équation.
Les incertitudes persistent concernant cette démarche unitaire, surtout avec la réticence de deux candidats de gauche en tête des sondages, Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, qui se positionnent en opposition. De même, le Parti Communiste Français (PCF) reste à l'écart, bien que certains au PS y voient une intégration future inéluctable.
"Quand le train de la primaire aura quitté la gare, ceux qui resteront à quai regretteront leur choix", a averti François Ruffin, soulignant les enjeux cruciaux liés à cette initiative.







