Depuis cinq ans dans l’Aube et trois à Bar-sur-Seine, le styliste William Arlotti a vécu une année 2025 exceptionnelle, marquée par des récompenses, des défilés prestigieux et une reconnaissance internationale. Il prône une mode inclusive, utilisant des mannequins de diverses morphologies et âges, tout en respectant l’environnement. Après trois ans sans pause, Arlotti a décidé de ralentir en début d’année : sa boutique n’est ouverte que du jeudi au samedi. « Trois ans sans break, c’est intense », confie-t-il, soulignant la nécessité d'une pause après une année qu’il décrit comme ayant du "panache". Il a commencé son ascension avec un prix coup de cœur aux Trophées du commerce de la Chambre de commerce de l’Aube, suivi d’un autre prix au niveau du Grand Est.
Défilé à la Fashion Week de Milan
En 2024, Arlotti a remporté le premier prix de la Méditerranée Fashion Week, une distinction qui lui a permis de participer à la Fashion Week de Milan. Le 29 septembre 2025, il a présenté une collection au cœur de la ville. « Milano, c’est chez moi. Commencer là-bas est toujours une expérience émouvante », explique-t-il.
Avant cela, Arlotti a tenu à se rapprocher de sa région en organisant un défilé dans le jardin de Renoir à Essoyes. « Je n’oublie pas l’Aube », dit-il, ce qui montre son attachement à son territoire. Ce lien a été renforcé par son invitation à clôturer une exposition dédiée à Marc Bohan au Trésor de Vix - Musée du Pays Châtillonnais le 10 décembre 2025, un événement qu’il décrit comme "exceptionnel".
"Un défilé dans un musée de son vivant, c’est rare. En général, c’est à titre posthume !", s’amuse-t-il, alors que 72 mannequins présentaient des silhouettes diverses – la plus âgée ayant 77 ans. « La beauté ne se limite pas à une taille 36 », ajoute-t-il, rappelant que son approche est fondée sur des valeurs authentiques.
Le made in France et la ruralité ont gagné
Arlotti considère chaque vêtement comme un récit. « Mon histoire est tissée dans chaque pièce, du tissu à la conception. » Une cliente lui a même confié : « J’ai quitté mes fringues, et j’enfin rentre dans des vêtements. »
Reconnu comme Aubois de l’année 2025 lors des Victoires de l’Aube, Arlotti voit cette distinction comme un triomphe collectif. « Je crois que le made in France et la ruralité ont gagné », déclare-t-il. En délaissant Paris pour Bar-sur-Seine, il a fait face à des doutes, mais aujourd'hui, il est fier de montrer qu'une nouvelle fierté peut émerger de la ruralité.
Son engagement pour une mode durable se traduit par l'utilisation de fins de rouleaux et des fabrications locales. Son approche est simple : « Acheter moins, mais acheter mieux. » Si la mode féminine est prédominante, il développe aussi des collections masculines allant des costumes aux kimonos, toujours avec une touche unique. « Une pièce standard n’a pas sa place chez moi », affirme-t-il.
Une ligne de robes de « remariage »
L'avenir s'annonce radieux pour Arlotti à Bar-sur-Seine. Il désire bâtir une équipe au sein d'une ambiance familiale, en insistant sur le fait qu'il ne tient pas le rôle de chef tyrannique. Il aspire à produire localement tout en visant l'international. Des contacts en Italie promettent de nouvelles opportunités, notamment un retour à Milan en septembre 2026.
Parmi les projets à venir figurent une collection inspirée par la toile de Jouy et une ligne de robes de « remariage » à des prix abordables, souhaitant refléter l’évolution des mœurs. « Nous aimons différemment aujourd'hui », dit-il avec un sourire.
Sa boutique est également un lieu de rencontre, offrant café, thé et moments de partage. « Être loin de Paris intensifie tout. Même les critiques sont plus vives ici, mais mon amour pour cette ville grandit », conclut William Arlotti, résumant son expérience par ces mots : « C’est l’amour et la ruralité qui l’emportent. »







