Dès le 21 janvier, le Forum des images à Paris accueille le festival "Un état du monde", une plateforme dédiée à l'exploration des enjeux mondiaux à travers le cinéma. Parmi les œuvres présentées, le long-métrage brésilien Les voyages de Tereza a particulièrement suscité l'enthousiasme, comme le rapporte le quotidien Folha de São Paulo.
Ce film ne se limite pas à une simple projection de l'avenir. Au contraire, il se veut symbolique, offrant une réflexion sur notre présent tout en esquissant les contours d'un futur nostalgique. Dans un monde où la surveillance est omniprésente, l'indépendance est mise à mal. Le film imagine un programme d'État fictif, "L'avenir est pour tout le monde", proposant un confinement des personnes âgées dans des lieux supposément confortables, assombri par des intentions douteuses.
Tereza, brillamment interprétée par Denise Weinberg, refuse de se conformer et fait face à une surveillance intrusive qui la conduit à être transportée dans un "attrape-vieux", une métaphore saisissante de la tendance à marginaliser les anciens. Sa lutte pour la liberté devient alors le fil rouge de cette œuvre puissante.
La liberté comme quête
Pour Tereza, être libre signifie prendre des décisions propres et dire non au transport vers l'asile. Sa fuite, illustrant le danger inhérent à la poursuite de la liberté, est au cœur du récit. Filmé dans des régions amazoniennes, Les voyages de Tereza met en lumière une nature dévastée, passant par l'image d'une usine de transformation de viande d'alligator, symbole de la cruauté humaine.
Les interactions qui émergent au cours du voyage de Tereza, notamment avec Cadu, interprété par Rodrigo Santoro, soulignent l'importance de la connexion humaine et de la nature. Cadu devient un guide mystique, enrichissant le récit de réflexions spirituelles.
Exploration des thèmes universels
Le film aborde aussi des thèmes récurrents d'inattendu et de surprise, que ce soit par les interactions avec des personnages diversifiés ou par la découverte de la flore et faune locales. Comme l’a signalé Libération, chaque rencontre devient un écho des luttes intérieures des protagonistes. Ces moments sont à la fois simples et profonds, soulignant la beauté mais aussi la fragilité de la condition humaine.
En effet, Les voyages de Tereza est un véritable hymne à la vie : quête, joie, peur et mystère s'entrelacent pour offrir une expérience cinématographique riche en émotions. La structure narrative de Tereza la fait errer, une errance nécessaire pour reconnecter avec ses racines et sa liberté.
Un regard unique sur la réalité
Le réalisateur Gabriel Mascaro réussit à créer un univers à la fois familier et étrange, une signature stylisée qui lui a valu l'Ours d'argent au Festival de Berlin en 2025. Les images qui défilent sur l'écran captivent le spectateur, l'invitant à contempler des réalités souvent ignorées tout en cultivant une distance perplexe. Comme l’a noté Le Monde, cette approche déploie un charme inquiétant qui marque les esprits.
Dans cette œuvre, la nature, frappée par la destruction, devient le reflet d'une humanité de plus en plus surveillée et contrôlée. La beauté de la réalisation et la puissance du message font de Les voyages de Tereza un incontournable pour ceux qui cherchent à interroger non seulement la liberté, mais aussi leur rapport au monde environnant.







