Des centaines de médecins libéraux s'étaient rassemblés ce dimanche à la porte Dauphine à Paris pour prendre la route de Bruxelles, marquant ainsi un exil symbolique de trois jours. Ils s'opposent fermement à la réquisition imposée par les préfets, au cœur de la grève des médecins débutée le 5 janvier. Cette mobilisation survient après une manifestation massive à Paris, où près de 20 000 médecins ont exprimé leur mécontentement envers la politique gouvernementale, notamment les nouvelles mesures sur la fraude médicale.
Olivier Creton, chirurgien vasculaire à l'hôpital privé des Côtes d'Armor et membre du syndicat le Bloc, souligne l'importance de cette action : "Sans nous, ça ne marche pas". Il ajoute que le système de santé français fonctionne sur deux jambes - la médecine libérale et l'hôpital - et que l'un ne peut prospérer sans l'autre. Selon Creton, la récente réquisition touche 80 % des 4 000 médecins participant à la permanence des soins, exacerbe la saturation des urgences, déjà sous pression dans de nombreux hôpitaux.
Les médecins libéraux insistent sur le fait que "maltraiter les soignants, c'est maltraiter les patients", comme le rappellent plusieurs d'entre eux. Cette grève est perçue comme un combat pour leur liberté d'exercice face à des contraintes de plus en plus lourdes imposées par le gouvernement. "Quand un ministre traite nos professions de rentiers, on rappelle que cela ne correspond pas à la réalité de notre travail", souligne le Docteur Creton. Il mentionne en outre le turn-over constant des ministres de la santé - sept en deux mandats - ce qui contribue à un manque de direction au sein du système.
Cette situation met en lumière la nécessité d'un dialogue constructif entre le gouvernement et les médecins, que beaucoup espèrent voir initié par les nouvelles négociations avec le Premier ministre. Alors que les grèves et les mouvements sociaux se multiplient, le pays attend des réponses claires et d'une véritable réévaluation du système de santé.
Pour plus d'informations sur la grève des médecins et ses implications, consultez les analyses de France Bleu ou Le Monde.







