Le passage à niveau de Deuil-la-Barre, situé dans le Val-d'Oise, est tristement réputé comme le plus dangereux de France. En 2022, un accident tragique a eu lieu lorsque un camion benne s'est retrouvé bloqué sur les voies et a été percuté par un train express régional (TER). Ce lieu emblématique de la malchance doit disparaître d'ici 2027, avec des travaux de sécurisation en cours.
Bienvenue sur le passage à niveau le plus risqué de France. Chaque matin, à 7h30, heures de pointe, les automobilistes prennent des risques insensés. Récemment, un conducteur s'est engagé sur les rails alors qu'il était tard, mettant sa vie en danger. Quelques minutes après, un piéton a dû intervenir pour aider un autre automobiliste à se retirer in extremis. Ces incidents sont devenus monnaie courante dans la mémoire des habitants, ravivant le souvenir d'une collision mortelle survenue en décembre de l'année précédente.
En quinze ans, ce passage à niveau a été le théâtre de 70 accidents, dont quatre ont coûté la vie. Sylvain Kour, agent de sécurité, raconte l’horreur d’avoir été témoin d'une tragédie un an plus tôt : "La barrière était abaissée et l'homme a glissé sur le gel, incapable de fuir. Le train est arrivé en un clin d'œil," se remémore-t-il. Chaque jour, près de 15 000 personnes franchissent ce passage, ignorant souvent les dangers. "Quand l'adrénaline prend le dessus, la logique disparaît, surtout quand une tempête se profile," partage une jeune femme.
Sécurisation des passages à niveau : un défi national
En France, les incidents liés aux passages à niveau sont alarmants, avec un accident tous les trois jours, souvent couvert par la presse locale. Les médias sociaux amplifient la prise de conscience, notamment après un récent accident survenu dans le Rhône. En Belgique, des campagnes de prévention visent à sensibiliser les usagers aux risques, parce qu'un train lancé à 140 km/h a besoin d'une distance de 1,4 km pour s'arrêter.
Dans le Lot-et-Garonne, Jonathan Biteau, un chef d'entreprise, se rappelle de l'angoisse ressentie en secourant un automobiliste coincé entre les barrières. "Il a d'abord reculé, mais le train arrivait déjà. Heureusement, il n'a été que légèrement blessé. Mais cela montre que l'inattention est souvent à l'origine de tels incidents," explique-t-il. En effet, sur les 15 000 passages à niveau en France, 146 sont priorisés pour des travaux de sécurité.
À Deuil-la-Barre, le futur s'annonce meilleur. D'ici 2027, le passage à niveau disparaîtra, remplacé par un tunnel pour les piétons et un pont ferroviaire. "Les voitures passeront au-dessous de ce pont, tandis que les trains circuleront au-dessus," précise Muriel Scolan, la maire de Deuil-la-Barre. Le budget pour cette transformation est évalué à 50 millions d'euros, financé par la SNCF, l'État et les collectivités locales. Des alternatives moins coûteuses, comme des radars anti-obstacles, sont également en test, notamment à Roissy-en-Brie, avec des résultats probants. Des alarmes sonores, particulièrement populaires en Belgique, se révèlent efficaces dans 90% des cas pour prévenir les accidents.







