Le 9 janvier 2024, l'Académie française a réitéré son opposition à l'écriture inclusive, une pratique qu'elle considère comme incompatible avec « l'esprit de notre langue ». Ce dernier rebondissement fait suite à la récente décision du Conseil d'État, qui a décliné le pourvoi d'une association contre l'utilisation de l'écriture inclusive sur des plaques commémoratives de l'Hôtel de ville de Paris.
Les plaques en question, qui identifient les « président.e.s » et les « conseiller.e.s » du Conseil de Paris, ont suscité de vives critiques. L'Académie affirme que l'utilisation de points médians entrave la lisibilité et altère la dignité du langage français, relevant aussi un risque de dégradation de son patrimoine linguistique.
Ce débat n'est pas anodin. L'écriture inclusive, qui cherche à garantir une représentation équitable des femmes et des hommes, est perçue par certains, comme l'indique Le Monde, comme une évolution nécessaire pour un langage plus inclusif. D'autres, notamment au sein de l'Académie, la jugent obsolète et inappropriée. L'institution a même lancé une « protestation solennelle » contre la décision du Conseil d'État, accentuant les tensions qui entourent ce sujet.
Les voix se multiplient sur cette question : selon la linguistique, l'écriture inclusive n'est pas une déviance mais une tentative d'adaptabilité de la langue, nécessaire dans un contexte sociétal en constante évolution. Les partisans de cette écriture invitent à une réflexion sur l'identité de la langue et sur son rôle dans la représentation sociale.
Depuis 2021, les opposants à l'écriture inclusive, tels que l'association Francophonie Avenir, ont cherché à persuader les instances politiques d'abandonner cette pratique. Pourtant, le Conseil d'État a récemment statué qu'aucun texte de loi n'interdit l'utilisation de l'écriture inclusive, la considérant comme une forme de la langue française elle-même.
Comme l’a déclaré un expert en linguistique, « l'évolution d'une langue est un processus naturel, reflet des changements de la société. N'en déplaise à certains, l'écriture inclusive est un des moyens d'y parvenir, même si cela reste controversé. »
En conclusion, alors que l'Académie française persiste dans son refus et son désir de protéger la langue, le débat sur l'écriture inclusive continue d'alimenter des discussions passionnées en France, tant sur le plan linguistique que sociologique.







