À 65 ans, vivant près de Washington, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d'Iran, suscite à la fois espoir et controverse au sein de la diaspora iranienne, notamment lors des récentes manifestations.
Les chants résonnent dans les rues iraniens : "C'est la bataille finale, Pahlavi reviendra !". Cette phrase, emblématique des mouvements de protestation, évoque un désir de retour à une ère monarchique, bien que ce sentiment soit loin d'être unanime.
Pahlavi, qui s'est exilé à la suite de la Révolution islamique de 1979, utilise les réseaux sociaux pour mobiliser le peuple irano-iranien à manifester et à prendre les devants contre le régime des mollahs. Son appel résonne particulièrement au sein des jeunes, désireux de changer le paysage politique de leur pays.
Né en 1960, il était en formation de pilote militaire aux États-Unis lors du renversement de son père. Après la mort de ce dernier en 1980, il est devenu le prince héritier, un titre non reconnu par le gouvernement actuel. Au fil des ans, Pahlavi a essayé de rassembler diverses factions d'opposition, allant des monarchistes aux républicains, pour contrer le régime en place.
Un retour aux affaires ?
Pahlavi a souvent été cité, notamment après les manifestations de 2009 et plus récemment en 2023, quand il a mis sur la table la nécessité d'unité entre les opposants. Son appel à un référendum pour déterminer l'avenir politique de l'Iran souligne une volonté de dialogue et de réconciliation, contrastant avec son image de prince. "Je ne suis pas simplement un héritier, mais un candidat au consensus national," affirme-t-il.
Relations avec les anciens alliés
Son dialogue avec des figures politiques comme Donald Trump et Benyamin Nétanyahou a suscité à la fois espoir et scepticisme. Sur le réseau social X, Pahlavi a directement appelé Trump à soutenir le peuple iranien, affirmant que les menaces américaines avaient temporairement freiné l'arbitraire du régime. Cependant, des analystes jugent que son style intellectuel est peu en phase avec l'approche plus populiste de Trump.
Un héritage controversé
Le nom de Pahlavi suscite des sentiments partagés. Tandis qu'une partie de la population se souvient d'une époque de modernité, d'autres évoquent un passé marqué par la répression et la police politique. "Ni chah, ni mollah" est ainsi un slogan qui émerge également dans le débat contemporain, témoignant des fractures au sein de la société iranienne.
Comme le souligne le politologue Arash Azizi dans CNN, "le retour de Pahlavi ne peut se faire que dans un cadre moins controversé, sans être perçu comme un simple personnage importé." L'historien Jonathan Piron rappelle également que le contexte d'un éventuel retour aura des conséquences sur sa légitimité.
Un sondage récent du Wall Street Journal indique une montée de la nostalgie pour les temps passés, mais les jeunes Iraniens se projettent dans un avenir nouveau, réclamant des changements à travers leurs propres luttes. "Maintenant, les Iraniens veulent la fin du régime des mollahs. La question de l'avenir est secondaire!" affirme Nazira Maroufian, journaliste en exil.
Le parcours de Reza Pahlavi reste ainsi un fil complexe tissé entre espoir et scepticisme, reflet des dynamiques changeantes au sein de l'Iran et de sa diaspora.







