En grève depuis le 5 janvier, les médecins libéraux sont en pleine mobilisation et organisaient une nouvelle action le 11 janvier. Afin d'éviter les réquisitions de personnel médical, près de 2.000 praticiens ont choisi de s'exiler temporairement en Belgique.
Les professionnels de santé plient leurs bagages. Le Dr Ambroise Salin, un chirurgien urologue basé à Toulouse, expliquait au micro de RTL : "J'ai préparé ma valise pour un arrêt total d'activité et un exil en dehors du territoire national pour cinq jours". Comme lui, des milliers de chirurgiens et spécialistes se dirigent vers la Belgique pour affirmer leur position durant cette période de grève.
Cette initiative vise à prévenir les réquisitions de médecins qui pourraient être ordonnées par le gouvernement la semaine prochaine, alors que la grève devrait se prolonger. "Nous avons constaté que toutes les spécialités chirurgicales dans les établissements de santé sont sollicitées pour contrer notre mouvement", ajoute le Dr Salin.
Eviter les réquisitions
D'après des données de la Fédération de l'hospitalisation privée, environ 80% des 4.000 praticiens listés pour assurer divers soins dans les établissements de santé ont déjà été réquisitionnés. Les médecins libéraux espèrent donc que ce regroupement en Belgique démontrera leur nécessité au sein du système de santé, et leur importance pour la continuité des soins.
Lors d'une manifestation à Paris le 10 janvier, les professionnels de santé ont exprimé leur mécontentement, affirmant qu'ils sont "maltraités" et que leur rôle est indispensable dans le fonctionnement des services publics de santé. "L’hôpital public a ses missions, mais sans nous, cela ne fonctionne pas comme il le devrait", soulignait Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée.
Des revendications claires
Les médecins revendiquent, en plus de leurs préoccupations sur les réquisitions, des conditions d'accès aux soins qui soient plus favorables pour leurs patients. Ils dénoncent, entre autres, des remboursements jugés insuffisants pour les actes médicaux, rendant les soins de plus en plus inaccessibles pour les patients. Le Dr Salin affirmait : "Les patients se demandent pourquoi, à chaque nouvelle réforme, leur couverture diminue."
Les internes, quant à eux, se battent contre une réforme qui devrait leur offrir une quatrième année de médecine générale, mais qui semble maintenant compromise à cause du manque de places disponibles. Les représentants syndicaux expriment leur inquiétude quant à un prolongement nécessaire de leur formation en milieu hospitalier.
Le mouvement de grève continue de se renforcer avec des conséquences déjà visibles : selon la Fédération de l'hospitalisation privée, environ 100.000 opérations ont été annulées en raison de la mobilisation en cours, entraînant une situation délicate pour de nombreux patients.







