À moins de trois mois des élections municipales, la gauche prend forme à Colombes, une ville de plus de 90 000 habitants dirigée par l'écologiste Patrick Chaimovitch. Après des discussions fructueuses en janvier, la France Insoumise (LFI) aOfficialement rejoint la liste de Chaimovitch. Le maire sortant se prépare à affronter notamment son ancien adjoint du Parti socialiste, tandis que la droite présente quatre listes concurrentes.
Lors de l'inauguration de son local de campagne ce week-end, Chaimovitch a mis en avant cette coalition élargie qui inclut non seulement LFI, mais aussi Génération.s, les Motivés pour Colombes, la Gauche républicaine et socialiste, ainsi qu'un groupe de citoyens engagés. Jordan Robichon, responsable CGT chez GRDF Île-de-France, représente LFI au sein de cette liste. L'objectif, déclare Robichon, est d'instaurer une véritable "gauche de rupture" à Colombes, où LFI n'avait jusque-là qu'une présence limitée.
Chaimovitch, entouré de membres de sa liste incluant plusieurs adjoints sortants, admet que "constituer une liste est toujours un défi, surtout avec une équipe sortante fractionnée". Son désir est de reproduire le succès de 2020, avec un front uni de la gauche derrière lui.
Des négociations en cours avec le PC
Bien que la composition précise de la liste de gauche reste à déterminer—y compris le poids respectif des écologistes, des Insoumis et d'autres partis—Chaimovitch prévoit de révéler tous les détails le 4 février. Une seule chose est claire : cette année, les partis politiques auront un rôle plus significatif que lors des précédentes élections.
Un point crucial demeure : l'implication du Parti communiste, qui est historiquement fort à Colombes. Selon des responsables au sein du PC, des discussions sont en cours pour trouver un terrain d'entente concernant la présence communiste sur la liste et les délégations en cas de victoire. Un cadre du PC a récemment exprimé que "nous sommes en négociations sur le programme et la fusion des listes pour le second tour".
"Colombes doit rester à gauche," souligne Chaimovitch. Il avertit que l'élection se penche sur un besoin urgent de politiques publiques qui unissent plutôt que divisent, étant donné le climat national sous l'administration d'Emmanuel Macron.
Parallèlement, le Parti socialiste est en train de bâtir sa propre coalition. Valentin Narbonnais, adjoint à la jeunesse et fervent critique de Chaimovitch, argue qu'il a endossé une loyauté envers son mandat mais se sent désormais trahi par les récents choix du maire. Il se prépare à défier Chaimovitch sous une nouvelle bannière, appelée "Colombes en mieux," qui l'unira à divers cercles politiques, du PRG à Place publique.
Dans un climat où les tensions s'installent, la droite et le centre, à l'exception du Rassemblement National, se divisent également, avec actuellement quatre candidats affichés. Le débat s'intensifie à Colombes, et les partis devront naviguer habilement dans ce paysage politique complexe pour répondre aux attentes des électeurs.
Cette dynamique fait ressortir des préoccupations variées, notamment la gestion locale des forces de l'ordre : Robichon explique que, à Colombes, la police municipale n'est pas associée à des problèmes de violence, et doit être renforcée plutôt que désarmée.
Alors que le calendrier électoral s'accélère, Colombes se présente comme un terrain d'expérimentation politique pour les gauches françaises. Alors que les tensions s'exacerbent, le dialogue entre les partis pourrait bien redéfinir la carte politique de cette ville emblématique des Hauts-de-Seine.







