Le parti La France insoumise (LFI) a pris une décision controversée en excluant Yves Bouteiller, son candidat aux élections municipales à Romilly-sur-Seine, en raison de publications jugées « antisémites ». Le comité électoral du mouvement de Jean-Luc Mélenchon a officiel déclaré avoir « retiré immédiatement son investiture » à l’encontre de Bouteiller.
Cette décision a été motivée par au moins plusieurs posts sur les réseaux sociaux, où l’ancien candidat aurait fait preuve de commentaires inappropriés, violant ainsi la charte d’engagement que tous les candidats de LFI doivent signer. Cette charte stipule clairement que chacun s'engage à « rejeter tous les propos ou comportements de nature raciste, antisémite, ou discriminatoire ».
Une enquête sur ces publications a révélé que Bouteiller était particulièrement actif sur Facebook, où il critiquait régulièrement la situation à Gaza tout en utilisant des termes comme « sionistes » de manière péjorative. Une de ses interventions a été marquante lorsqu'il a qualifié le député socialiste Jérôme Guedj de « salopard sioniste ». Une autre sortie controversée a consisté à affirmer que « le Crif dirige la France » et que « les sionistes génocidaires ont beaucoup à apprendre du IIIe Reich ».
La polémique autour de ces déclarations a également été alimentée par d'autres incidents récents visant LFI, notamment une affiche controversée associant leur pose à des affiches antisémites des années 1930. En réponse à ces événements, Bouteiller avait minimisé la gravité de l'affaire en affirmant que « pendant que les médias parlent de l'affiche d'un raciste fasciste, les Juifs continuent le carnage avec le soutien des macronolepenistes ».
Contacté par l'AFP, Yves Bouteiller a déclaré ne pas avoir été informé de son exclusion et a exprimé sa perplexité quant aux accusations portées contre lui. Il affirme ne pas comprendre de quoi il s'agit, ce qui soulève davantage de questions sur la gestion interne du parti et ses préoccupations concernant l’antisémitisme.
Des experts en politique ont souligné que cette affaire met en lumière des tensions récurrentes au sein du mouvement, où les opinions divergentes sur le conflit israélo-palestinien semblent créer des fractures. Selon un analyste politique, « LFI doit se pencher sur la question de la ligne politique à adopter sur des sujets sensibles pour maintenir sa cohésion et sa crédibilité ».
Alors que les élections municipales de 2026 approchent, cette exclusion pourrait avoir des conséquences notables sur l'image de LFI et sa capacité à mobiliser ses électeurs potentiels, dans un contexte déjà tendu en matière de discours politique.







