Brigitte Bardot a marqué ma vie bien avant que je ne réalise l'impact considérable qu'elle avait sur notre société. Je me souviens, enfant, d'un sermon à l'église où le prêtre s'opposait fermement à cette actrice. À l'époque, sa réputation évoquait pour moi le fruit défendu, le péché et la luxure.
Des années plus tard, en tant que journaliste à Libération, j’ai écrit un chapitre sur elle dans mon livre Vénus de Mélos, mais malgré mes efforts, elle restait inaccessible. Toutefois, grâce à son agent, Olga, j'ai reçu une réponse écrite de sa part, un événement marquant qui a ouvert une brèche.
En 1987, Paris Match me confia l’interview avec Bardot. Je me souviens encore de ce moment : un bouquet à la main, je me suis présenté devant sa maison. À sa voix accueillante, je me suis laissé aller à mes inquiétudes en avouant mon intimidation. Elle a aussitôt compris que je voyais en elle bien plus qu'une simple image de cinéma.
Nous avons alors noué une relation unique, fondée sur la sincérité. Au fil des ans, j'ai eu l'honneur de partager ses combats pour le bien-être animal. L'un de mes souvenirs les plus précieux remonte à notre voyage à Bucarest après la chute de Ceaușescu, où elle a sauvée deux chiens dans des conditions déplorables, reflétant son engagement indéfectible.
Il y a aussi cette scène mémorable à la frontière italienne, où elle s'est allongée au sol pour arrêter des camions transportant des chevaux destinés à l'abattoir. Bardot n’était pas là pour faire du cinéma, elle se battait réellement pour leur survie. Elle croyait profondément en la France, dans l'honneur et les valeurs qui lui sont chères.
Élevée dans un milieu bourgeois, elle avait un sens aigu de la littérature et de la morale. Son rôle dans Et Dieu… créa la femme a redéfini le paysage cinématographique, apportant un souffle d'authenticité à un monde souvent trop rigide. Comme l’a souligné Le Figaro, elle a véritablement révolutionné l'image de la femme dans le cinéma français.
Bardot incarne une légende vivante, et je lui dois tant. À travers elle, j'ai appris la grâce, la beauté, et la liberté d'exprimer mes idées. Peut-être est-ce cette même liberté qui lui a permis de se forger une place indélébile dans l’imaginaire collectif français, surpassant toutes les autres figures féminines de son époque.







