Mélissa da Costa, J.M.G. Le Clézio, Delphine de Vigan et Pierre Lemaitre font partie des grands noms qui vont animer la rentrée littéraire de janvier. Ces auteurs espèrent séduire les lecteurs après une année 2025 marquée par des décennies de baisse des ventes dans les librairies françaises.
Moins foisonnante que la rentrée de septembre, cette édition hivernale présente tout de même 363 nouveaux romans français, presque au même niveau qu'en 2025, dont 65 œuvres d'auteurs débutants, selon les statistiques de Livres Hebdo.
- Les incontournables -
Les lecteurs attendent avec impatience le dernier tome de la saga familiale "Les années glorieuses" de Pierre Lemaitre. Intitulé "Les belles promesses" (Calmann-Lévy), ce quatrième opus entraîne ses personnages dans un Paris tumultueux de l'après-guerre, mais aussi dans des campagnes affectées par l'exode rural.
Après un an d'absence, Mélissa da Costa revient avec "Fauves" (Albin Michel), qui raconte l'histoire d'un adolescent fuyant un père violent et découvrant la vie d'un cirque. Un récit intense, qualifié par beaucoup de "roman de sueur et de sang", qui confirme son statut d'autrice la plus lue en France en 2024.
Jean-Marie Gustave Le Clézio, lauréat du Prix Nobel, revient avec "Trois Mexique" (Gallimard), où il évoque trois figures inspirantes du Mexique et remet en lumière les traditions amérindiennes qui lui tiennent à cœur.
- Âpres campagnes -
La vie rural en France, souvent rude, est le cadre central de plusieurs romans de cette rentrée. Dans "Acqua" (L'Observatoire), Gaspard Koenig explore une crise aigüe dans un petit village normand face à la pénurie d'eau. Marie-Hélène Lafon, quant à elle, décrit avec émotion la tension d'un huis clos dans "Hors champs" (Buchet-Chastel), se déroulant dans une ferme du Cantal.
Cécile Coulon, dans "Le visage de la nuit" (L'Iconoclaste), mélange conte et poésie pour décrire la vie nocturne d'un enfant défiguré, cherchant refuge dans les bois.
- Enjeux brûlants -
Après avoir exploré les impacts du numérique dans "Les enfants sont rois", Delphine de Vigan continue cette thématique avec "Je suis Romane Monnier" (Gallimard), un récit sur la quête de vérité d'une personne disparue à travers la mémoire numérique.
L’actrice Judith Godrèche, figure emblématique de #MeToo, partage son parcours dans "Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux" (Seuil), un récit poignant sur son enfance en lien avec le monde des adultes.
La nouvelle autrice Fanny Taillandier, avec "Sicario bébé" (Rivages), offre une perspective sur la jeunesse, en suivant un couple prêt à commettre un crime pour un narcotrafiquant. Elle décrit cela comme "une histoire de rêves, d'erreurs et de révolutions".
- Curieux destins -
Eric Vuillard, récompensé par le Prix Goncourt en 2017 pour "L'ordre du jour", revient avec "Les orphelins, une histoire de Billy The Kid" (Actes sud), un récit sur le célèbre hors-la-loi du Far West. François Bégaudeau, dans "Désertion" (Verticales), propose un portrait d'un jeune homme rejoignant les rangs de l'EI en Syrie.
Gautier Battistella consacre un ouvrage sur Paul Bocuse, "Bocuse" (Grasset), évoquant la vie de ce chef légendaire, décrit comme "séducteur, aventurier et moderne". Autre retour attendu, celui de Thomas Schlesser avec "Le chat du jardinier" (Albin Michel), qui s'inscrit dans la lignée de son précédent succès, "Les Yeux de Mona".
- Nouvelles voix -
Malgré une certaine morosité dans le secteur, des passionnés de littérature continuent de fonder de nouvelles maisons d'édition. Les Editions Hardies, par exemple, s'engagent à publier des ouvrages singuliers, en lançant leur premier livre, "Il n'y a pas de place pour la mort" de Pascal Quignard, une invitation à l'évasion.
La maison d'édition "Les corps conducteurs" émerge au sein du groupe indépendant des "Nouveaux éditeurs", et souhaite mettre en avant des "livres électriques", comme l'œuvre de Victor Malzac, "Le monstre mur".







