La canicule a des conséquences à peine perceptibles mais inquiétantes sur notre quotidien, notamment la qualité de l'eau du robinet. Cet été, certaines mesures effectuées dans des appartements parisiens ont révélé que l'eau froide dépassait les 30°C, bien au-delà de la limite réglementaire de 25°C. Ce seuil est pourtant crucial pour éviter la prolifération de bactéries, notamment la légionelle, qui se développe à des températures trop élevées.
Dans ce contexte, la maîtrise du risque de légionelles est fondamentale. Une publication du ministère de la Santé rappelle que la température de l'eau ne doit pas excéder 25°C. Même si cette bactérie ne peut être contractée par ingestion, le danger demeure lors des inhalations de gouttelettes d'eau sous forme de brouillard, comme lors des douches. Étonnamment, la légionelle meurt à des températures supérieures à 55°C, d’où l’importance de ne pas abaisser la température des chauffe-eau.
Chloramine et risques bactériens
Rémy Thalamy, expert de l'Office International de l'Eau (OiEau), explique que même si dépasser 25°C n’implique pas des dangers systématiques, une eau trop chaude fait face à deux problématiques critiques. La première concerne le chlore, élément désinfectant, qui perd de son efficacité à haute température, obligeant à en rajouter pour maintenir une qualité sûre. De plus, un environnement chaud favorise le développement bactérien.
Les installations qui prélèvent de l'eau au sein de lacs ou rivières sont particulièrement touchées. En période de canicule, ces ressources, souvent exposées à la chaleur des surfaces urbaines, subissent une dégradation.
Goût de « piscine »
Une eau chaude, bien désinfectée, peut tout de même donner un goût de chlore, souvent décrit comme "goût de piscine". Ce phénomène provient du dégagement de chloramine, un sous-produit de la réaction entre le chlore et les bactéries. Les températures élevées exacerbent ce goût, rendant l'eau moins agréable à boire, surtout par des papilles anesthésiées par la fraîcheur.
Au-delà de la qualité de l'eau, cette période de chaleur soulève aussi des préoccupations concernant sa quantité. Actuellement, près de cent départements, tels que le Val-d'Oise, sont soumis à des restrictions d'usage de l'eau, conséquences de l'alerte sécheresse. En effet, lors de la dernière canicule, environ 8 000 habitants du Vexin ont temporairement été privés d'eau potable, obligeant à distribuer des bouteilles lorsqu'une source locale a été remise en service, rapportait France 3 en juin.







