La Maison de l’Argentine à la Cité internationale universitaire de Paris est dans la tourmente. Des résidents et anciens résidents ont récemment déposé une pétition dénonçant des abus de pouvoir et des pratiques discriminatoires du directeur, Santiago Muzio, considéré comme un proche du président argentin Javier Milei.
Ce mouvement de contestation a été alimenté par des témoignages dans lesquels il est question d'une atmosphère d'intimidation et de répression instaurée par Muzio. En effet, les signataires de la pétition demandent sa démission tout en faisant état d'une série de travaux controversés qui auraient conduit non seulement à l'exclusion de plusieurs résidents, mais également à des aménagements au profit de sa propre famille. Des sources rapportent que ces exclus avaient tous participé à un hommage aux victimes de la dictature argentine, un événement qui semble avoir énervé le directeur.
Des rénovations mystérieuses et controversées
Depuis son arrivée, Muzio a instauré une politique qui lui est propre, marquée par des retraits de plaques commémoratives et des travaux lancés sans communication claire. Selon les déclarations reçues par 20 Minutes, ces rénovations semblent être à la fois « opaques et présumément irrégulières ». Des résidents précédents avaient été informés de projets d'aménagement qui visaient principalement à améliorer l'accessibilité de la résidence, mais ces travaux se sont révélés absents.
La Fondation nationale de la Cité internationale s'est abstenue de commenter ces allégations, tandis que la Mairie de Paris a rappelé qu'aucun permis n'avait été délivré pour ces rénovations, suscitant encore plus d'inquiétudes parmi les résidents, qui parlent de privatisation des lieux par Muzio.
Réduction des résidents et sélection controversée
Les témoignages indiquent qu'après l'initiation de ces travaux, le nombre de résidents a chuté de près de 90 à environ 30. Une sélection aléatoire et discriminatoire a été instaurée pour déterminer qui serait autorisé à rester, avec des critères flous sur le mérite académique relevés par les signataires de la lettre, qui se sont également plaints de l'exclusion de représentants élus par leurs pairs.
Ce fait est d'autant plus alarmant que les leaders du comité des résidents font partie des exclus, révélant un schéma préoccupant de harcèlement institutionnel. Dans une déclaration, Blandine Sorbe, déléguée générale de la Cité, a évoqué des relogements en réponse à ces tensions, mais les inquiétudes demeurent.
Alors que la situation continue d'évoluer, les appels à la démission de Santiago Muzio se multiplient. Ce dernier n’a pas encore répondu aux sollicitations de 20 Minutes, laissant un flou sur la direction future de la Maison de l’Argentine.







