Plus de 500 000 élèves de Première ont passé leur épreuve anticipée de mathématiques au baccalauréat, le 12 juin dernier. Face à la montée des fraudes, l’Éducation nationale doit s’adapter, surtout avec l'entrée en jeu de l'intelligence artificielle adoptée par certains élèves.
Ce texte est extrait d'une retranscription d'un reportage. Pour voir l'intégralité, visionnez la vidéo ci-après.
Les épreuves commencent dans un lycée de Clichy, dans les Hauts-de-Seine. Avant l’épreuve de français, l’examinateur rappelle les règles : “Tout objet connecté doit être éteint et déposé dans les casiers.” Une procédure habituelle que les candidats prennent soin de respecter. Dans la salle, les sacs attendent dans un coin, tandis que la surveillance est renforcée avec trois examinateurs pour 18 élèves afin de contrer les tentatives de triche.
1 208 cas de fraude en 2025, une hausse alarmante
Pour identifier les fraudeurs, un lycée de Châtellerault a opté pour un détecteur d’ondes. Le proviseur, Pierre Alix, explique : “Je m’approche de mon téléphone, et l’appareil m’informe qu’un dispositif émet des ondes. En cas de soupçon d’appareils connectés, cela peut être un outil dissuasif.”
L’augmentation des cas de fraude est préoccupante : 1 208 incidents signalés en 2025, soit une hausse de plus de 20% par rapport à l’an précédent. Lors d’échanges avec des élèves, on note que la technologie moderne facilite la triche. “On demande une deuxième feuille de brouillon, on la plie et on la cache. Après, on se rend aux toilettes et on demande à ChatGPT de faire l’exercice,” témoigne un lycéen. Un autre explique que “ces lunettes connectées peuvent prendre en photo le sujet d’examen et transmettre les réponses via un haut-parleur intégré.”
Des sanctions sévères en vue
Sur les réseaux sociaux, certains partagent des méthodes pour frauder, comme l’utilisation de lunettes intelligentes. D’autres avouent tout simplement leurs tricheries. Pour combattre cette tendance, le ministère de l’Éducation nationale assure une communication claire sur les risques encourus. “En cas de suspicion, un dossier est automatiquement transmis aux autorités pour traitement. Le risque est majeur,” précise Diana Milutinovic, proviseure adjointe au lycée Condorcet (Saint-Maur-des-Fossés).
Les sanctions peuvent être sévères, allant de l’interdiction de passer des examens dans des établissements publics à une exclusion de cinq ans de l’enseignement supérieur. Ces nouvelles réglementations visent à préserver l'intégrité des examens tout en adaptant le cadre éducatif aux technologies modernes.







