Un projet colossal se dessine pour le Bosquel, dans le sud de la Somme, avec l'ambition d'installer d'ici fin 2031 un supercalculateur d'envergure mondiale. Les responsables estiment qu’il faudra un an pour effectuer les procédures administratives, suivi de quatre ans de travaux pour atteindre la pleine capacité de cette infrastructure révolutionnaire.
Rollon Mouchel-Blaisot, préfet de la Somme, souligne : "La communauté de communes Somme Sud-Ouest (CC2SO) y travaille depuis plus d'un an. Ce projet marquera un tournant significatif pour notre région." En effet, l'implantation de ce data center pourrait propulser la Somme au cœur de la nouvelle révolution industrielle, particulièrement centrée sur l'intelligence artificielle.
Une opportunité pour l'économie locale
La situation géographique du Bosquel, à proximité de grandes métropoles telles que Paris et Bruxelles, a attiré divers investisseurs. La zone a reçu le label "Fast Track" en mai 2025, et RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité, s'engage à fournir une énergie de 1 gigawatt-heure, équivalente à celle d'un réacteur nucléaire.
Ce développement, soutenu par SoftBank et la startup française Sesterce, représente un investissement colossal de 75 milliards d'euros, dont 45 milliards alloués à des projets dans les Hauts-de-France, créant potentiellement des centaines d'emplois.
Répondre aux inquiétudes locales
Cependant, ce projet ambitieux suscite des interrogations parmi les résidents du Bosquel. Stéphanie, habitante de la commune, exprime ses réserves : "C'est un beau projet, mais sa place au sein de notre village reste floue." Malgré les promesses d’emplois et d'améliorations économiques, certains riverains craignent l'impact sur leur cadre de vie.
Face à ces préoccupations, le préfet souligne le souci d'intégration du projet dans l'environnement local, avec des bâtiments conçus pour minimiser leur empreinte visuelle et écologique. "Nous avons pris en compte les enjeux environnementaux. La consommation d'eau du datacenter sera limitée, surtout comparée à celle de modèles antérieurs," assure-t-il.
Ce supercalculateur pourrait, au-delà de la création d'emplois, ouvrir la voie à des laboratoires de recherche et des centres de formation, renforçant ainsi la place de la Somme sur la scène internationale. La conclusion du préfet est sans appel : "Nous avons les compétences nécessaires pour participer à cette révolution. Ne pas agir serait condamner l'Europe à rester en retrait face à la menace chinoise et américaine."







