Dominique de Villepin, qui envisage une candidature à la présidentielle, se trouve désormais sous le feu des projecteurs du parquet national financier (PNF). Une enquête préliminaire a été ouverte concernant des statuettes qu'il aurait reçues durant son mandat de ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004 et qu'il a conservées par la suite.
Mardi, le PNF a indiqué qu'il enquêtait sur des soupçons de « recel de détournement de fonds publics » et d'autres infractions connexes, selon un communiqué du procureur financier Pascal Prache. Les investigations portent particulièrement sur les modalités d'acquisition de ces statuettes.
L'entourage de Villepin a exprimé sa confiance quant à l'issue de cette affaire, affirmant qu'il est « serein » et qu'il se tient à la disposition de la justice. Il a admis, dans une déclaration le 10 mai, avoir commis « une erreur » en acceptant ces cadeaux, précisant qu'à l'époque, il n'existait pas de cadre législatif clair concernant de telles situations. Les statuettes ont été restituées au ministère le 4 mai dernier.
Cette nouvelle enquête intervient dans un contexte où plusieurs figures politiques, dont des candidats potentiels à la présidentielle, font face à des soupçons d'infractions. Le PNF a récemment ouvert une enquête visant Édouard Philippe pour des allégations de favoritisme et d'autres manquements, tandis que François Asselineau a été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour des faits graves à connotation sexuelle.
Robert Bourgi, lobbyiste et ancien intermédiaire, a laissé entendre dans l'émission Complément d'Enquête que les statuettes, censées être des cadeaux, avaient été financées par des personnalités telles que Blaise Compaoré, ancien président burkinabé, et l'industriel Gian Angelo Perrucci. Ces affirmations évoquent des montants très élevés, contestés par l'entourage de Villepin, qui avance que ces valeurs seraient « quatre à cinq fois inférieures ».
Villepin a exprimé sa conviction que ces cadeaux n'étaient pas liés à un quelconque service rendu, affirmant même que Robert Bourgi n'avait plus de relation d'affaires avec lui en 2004-2005, sous-entendant une volonté de nuire de la part de Bourgi, proche de Nicolas Sarkozy.
Il est notable que ces événements interviennent alors que Sarkozy fait face à des difficultés judiciaires, ce qui alimente les spéculations sur le timing de ces révélations. Dans le même enregistrement, Bourgi a également avoué avoir des ressentiments envers Villepin en raison de remarques formulées lors des récentes tribulations judiciaires de Sarkozy.
Bien qu'il ne se soit pas encore déclaré officiellement candidat pour les élections de 2027, Dominique de Villepin ne cache pas ses ambitions politiques. Cette polémique rappelle l'affaire des costumes de luxe liée à François Fillon, accusé de trafic d'influence, où Bourgi avait été également impliqué. Il est également associé à des allégations passées concernant des financements douteux destinés à des personnalités politiques françaises, un passé tumultueux qui pourrait resurgir.







