Alors que le baccalauréat professionnel débute ce mercredi 20 mai, les lycéens se tournent de plus en plus vers l’intelligence artificielle pour leurs révisions. Deux outils phares, Dinobot et MIA, ont été validés par l’éducation nationale et touchent environ 800 000 élèves, révolutionnant ainsi l'apprentissage.
Avec l’approche des épreuves écrites du bac, les étudiants utilisent des outils d’IA qui, bien que non choisis par leurs professeurs, bénéficient d'une récente validation officielle. Dinobot, conçu par la start-up Ouiactive, transforme la manière d’apprendre en ne donnant pas directement les réponses. Au lieu de cela, il guide l’élève en reformulant leurs questions et en leur fournissant des rappels de cours pertinents. Les créateurs de Dinobot, Yamin et Yadem Benmessaoud, évoquent sur franceinfo le « contrat didactique rompu » par une IA qui favorise une compréhension active plutôt qu'une simple consommation de contenu.
En raison de sa conformité aux normes pédagogiques et au RGPD, Dinobot se distingue dans un paysage où de nombreuses applications étrangères ne garantissent pas la sécurité des données. Actuellement, environ 60 000 élèves et 10 000 enseignants utilisent la plateforme, avec une augmentation d'audience prévue lors des mois de mai et juin.
Ce que l’État a mis en place
Dinobot n’est cependant pas la seule IA à faire son apparition dans les classes. À partir de la rentrée 2024, l’éducation nationale déploiera MIA, ou « Modules interactifs adaptatifs », pour tous les lycéens de seconde. Développée avec la start-up EvidenceB, cette plateforme propose 24 modules et plus de 20 000 exercices en français et mathématiques, élaborés avec l'aide de chercheurs et d'enseignants engagés.
Le ministère de l'Éducation met un accent particulier sur les IA « prédictives », qui s’adaptent au parcours de l’élève, tout en prenant ses distances avec les IA génératives, comme ChatGPT, susceptibles de produire des réponses directement à la place des étudiants. D’autres outils similaires, tels que Lalilo ou MathIA, sont également intégrés dans les établissements scolaires français.
Cependant, une étude menée par le Digital Education Council en août 2024 révèle que 86 % des étudiants dans 16 pays, incluant la France, recourent déjà à des IA pour leurs études, une tendance qui prend de l'ampleur.
Un cadre qui arrive en retard
Face cette réalité, l’éducation nationale déconseille l’usage des logiciels conçus pour détecter le contenu généré par l’IA, jugés « peu fiables » et pouvant induire en erreur. Cela soulève une question cruciale : avec l'integration de l'IA dans le quotidien scolaire, il est nécessaire de redéfinir les méthodes d'évaluation, en plaçant l'accent sur le raisonnement plutôt que sur la simple restitution de connaissances.
Pour garantir une intégration harmonieuse, le ministère prône un déploiement progressif de l’IA selon les niveaux scolaires. Cela commence dès le primaire, avec une sensibilisation sans manipulation directe et un encadrement des enseignants autorisé à partir de la 4e année. Une formation spécifique est également en cours pour préparer les collégiens et lycéens à cette nouvelle ère éducative, avec comme objectif l'introduction d'une IA dédiée aux enseignants d'ici 2026-2027.







