Nicolas Sarkozy sous la pression des parties civiles au procès libyen

Sarkozy affronte les avocats des victimes lors du procès en appel, entre dénégations et accusations.
Nicolas Sarkozy sous la pression des parties civiles au procès libyen
©Thomas SAMSON, AFP - Nicolas Sarkozy à la cour d'appel de Paris le 6 mai 2026 lors du procès en appel sur les soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007

Actuellement en procès en appel concernant des soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007, Nicolas Sarkozy fait face à des accusations de corruption. Les avocats représentant les proches des victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA, qui a coûté la vie à 170 personnes, ne lui laissent aucun répit. Ils ont qualifié son attitude de "défense de voyous" et dénoncé son comportement, le qualifiant d'indécent.

Après avoir été absent durant la première journée pour des raisons de santé, l'ancien président est aujourd'hui présent en première ligne, écoutant avec attention les plaidoiries de Me Olivier Descamps, qui le critique violemment. Celui-ci rappelle que Sarkozy a déjà été condamné à deux reprises de façon définitive, tout en évoquant des histoires de pots-de-vin et de trahisons.

Les accusations portent sur un prétendu pacte de corruption avec le régime de Kadhafi, dans lequel Sarkozy, aux côtés de ses collaborateurs Brice Hortefeux et Claude Guéant, aurait utilisé des fonds occultes pour soutenir sa campagne électorale. Ces allégations incluent également des promesses de révisions judiciaires en faveur d'Abdallah Senoussi, le commanditaire de l'attentat.

En dépit des dénégations de Sarkozy, son opposant Me Descamps estime que les explications fournies au tribunal sont inapplicables et ne font que renforcer la position des parties civiles. Il décrit Nicolas Sarkozy comme le « patron » qui esquive généralement des questions difficiles avec des réponses comme "je ne me souviens pas".

Dans une contre-attaque, Claude Guéant, bien qu'absent du procès pour des raisons de santé, a fourni des détails sur un dîner à Tripoli en 2007 où Sarkozy aurait engagé Kadhafi à discuter de la situation pénale de Senoussi. Cette révélation cruciale a considérablement fragilisé la défense de Sarkozy, semant le doute sur leur solidarité.

Claire Josserand-Schmidt, de l'association Anticor, souligne la gravité des preuves rassemblées, jugent fallacieuses les justifications avancées par Sarkozy pour contester le financement libyen. "La question clé demeure : a-t-il véritablement scellé un pacte de corruption ?" s'interroge-t-elle.

Les familles des victimes se disent outrées par l'idée que des représentants politiques aient pu discuter avec Senoussi, l'assaillant qui a détruit des vies. Dan Hazan, représentant plus de 90 proches, qualifie de "révoltante" cette coopération présumée.

Les plaintes ne s'arrêtent pas là : les avocats dénoncent également le comportement de Sarkozy, ses commentaires jugés insupportables après le premier jugement, la mise en scène de son incarcération et son livre sur son expérience en détention, qu'ils trouvent indécent. Le parquet général entamera ses réquisitions dans trois jours, promettant une suite dramatisante à cette affaire hautement médiatique.

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