La cour d'appel de Paris a récemment annulé le non-lieu émis en 2025 par deux juges d'instruction permettant à l'ancienne Première dame du Rwanda, Agathe Habyarimana, d'échapper à des poursuites. Les enquêteurs vont donc approfondir les investigations sur son éventuelle implication dans le génocide de 1994 au Rwanda, un malheur qui a décimé près de 800 000 personnes.
Cette décision, intervenue le 6 mai, fait suite aux requêtes du Parquet national antiterroriste (Pnat) et des victimes, et marque une étape déterminante dans une affaire déjà vieille de 19 ans. La chambre de l'instruction a jugé approprié de poursuivre les recherches, suscitant l'espoir parmi les parties civiles qui attendent une véritable justice.
Agathe Habyarimana, âgée de 83 ans et veuve du président hutu Juvénal Habyarimana, est perçue par beaucoup comme une figure incontournable du passé violent du Rwanda. Son mari a été assassiné le 6 avril 1994, un événement qui a catalysé le génocide, provoquant une violence extrême entre les Hutus et les Tutsis. Ce conflit, orchestré par les Forces armées rwandaises et des milices hutu, a entraîné des massacres atroces, témoignant d'une tragédie humanitaire sans précédent.
Les retours à la justice de ce dossier témoignent d'une volonté de la part de la France de traiter ses implications dans ce chapitre douloureux de l'histoire rwandaise. Des experts avertissent que de telles démarches pourraient non seulement raviver des souvenirs douloureux, mais aussi ouvrir des voies vers une compréhension plus approfondie des racines de ce génocide.
Selon Franceinfo, la complexité des relations franco-rwandaises et les enquêtes en cours pourraient inévitablement confronter la France à son passé colonial et à ses choix politiques d'alors. La voix des victimes reste au centre de ce processus, comme l'a souligné un représentant de l'association des survivants, "il est temps que les responsables rendent des comptes pour ce qui s'est passé".







