La situation de la liberté de la presse est alarmante, atteignant son niveau le plus bas en près de 25 ans, selon Reporters sans frontières. Pour marquer la journée mondiale de la liberté de la presse, des centaines de personnes se sont rassemblées à Paris, sous l'égide de la Fédération internationale des journalistes (FIJ), pour faire entendre leur voix contre les attaques généralisées à travers le monde.
Sur le parvis de l’Hôtel de ville, une banderole affichait en plusieurs langues : « Le devoir d’informer/Le droit d’être informé ». Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a souligné que la presse subissait des assauts partout, même dans des pays réputés pour leur démocratie. « Même aux États-Unis, la lutte contre les journalistes est devenue une réalité quotidienne, rendant leur travail extrêmement difficile », a-t-il alerté.
Aux côtés de membres de l’Unesco et de la Ligue des droits de l’Homme, la majorité des manifestants étaient affiliés à la FIJ, qui célèbre son centenaire cette année. Fondée en 1926, cette organisation est la plus grande au monde, représentant 600 000 journalistes au travers de 187 syndicats et associations dans plus de 140 pays, et elle œuvre pour la protection des journalistes et la défense des valeurs démocratiques.
« Un siècle après sa création, la solidarité internationale est plus cruciale que jamais », a poursuivi Bellanger, en évoquant les situations difficiles rencontrées par les journalistes dans des zones de conflit telles qu’en Ukraine, en Afghanistan, au Yémen ou en Palestine.
La France 25e du classement de la liberté de la presse
Un porte-parole du ministère de l'Europe et des Affaires étrangères a rappelé l’importance de la libération des journalistes détenus de manière arbitraire, en particulier celle de Christophe Gleizes, un journaliste sportif arrêté en Algérie en mai 2024. La France est classée 25e selon le rapport de Reporters sans frontières, qui évalue la situation de la liberté de la presse comme « plutôt bonne ».
Un sondage réalisé par le collectif Forbidden Stories, impliquant près de 200 journalistes de 53 pays ayant rencontré des problèmes, révèle que 70 % d’entre eux estiment que la coopération entre journalistes, à travers des enquêtes collectives et transfrontalières, représente la meilleure stratégie pour faire face aux menaces pesant sur leur profession.







