Votre caisse de retraite vous informe d'un trop-perçu, potentiellement de plusieurs milliers d'euros. Quelles sont vos options ? Votre caisse de retraite complémentaire, l’Agirc-Arrco, est-elle concernée ? Élucidons cette situation complexe.
Quand se produit un trop-perçu ?
Trois situations principales peuvent mener à un trop-perçu :
- Erreur de calcul : Si des informations manquent ou sont incorrectes, cela peut entraîner un surpaiement. Par exemple, le service militaire comptabilisé dans plusieurs régimes, aggravant de façon erronée votre nombre de trimestres validés.
- Données déclaratives incorrectes : Si votre pension est soumise à conditions de ressources, vous devez déclarer vos revenus. Un oubli ou une erreur dans ces déclarations peut engendrer un trop-perçu.
- Fraude : Cela implique une volonté délibérée de percevoir des allocations non dues, par exemple, en ne déclarant pas le décès d'un parent pour continuer à percevoir sa retraite.
Qu'en est-il si la caisse se trompe ?
La caisse peut effectivement demander le remboursement. Selon le Code civil (article 1302), "Tout paiement suppose une dette; ce qui a été reçu sans être dû est sujet à restitution." Toutefois, il existe des exceptions : si l’assuré est de bonne foi et que ses ressources annuelles ne dépassent pas 11 001,44€ pour une personne seule ou 17 079,77€ pour un couple, le remboursement peut être annulé.
Conséquences pour l'Agirc-Arrco
Votre caisse complémentaire peut également exiger un remboursement pour des raisons similaires. Elle a le droit de revenir sur des versements effectués jusqu’à cinq ans après avoir connaissance de l’erreur. Pour contester, il est essentiel de s'adresser à la caisse de pension concernée.
Quel montant peut être réclamé ?
Les règles de remboursement varient :
- Retraite ou pension de réversion : Peut remonter jusqu'à deux ans en arrière, mais jusqu’à vingt ans en cas de fraude.
- Aspa : Sauf cas de fraude, le montant ne sera pas réclamé, sauf dans des situations spécifiques comme un déménagement non signalé.
Recours possibles
Après réception d’une notification de trop-perçu :
- Vous devez réagir dans les deux mois en saisissant la Commission de recours amiable (CRA) pour demander une remise ou un échelonnement.
- En cas de doute concernant le trop-perçu, il est conseillé de contacter le service clientèle de la Carsat.
- Si vous n'obtenez pas satisfaction, une action en justice peut être envisagée.
En cas de fraude
Le délai de demande de remboursement s'étend à cinq ans et des pénalités substantielles peuvent s’appliquer, atteignant jusqu'à 13 712€ en cas de récidive.







