Teknival : tensions croissantes entre festivaliers et gendarmes à Bourges

Des milliers de teufeurs au Teknival confrontés à une police déterminée à frapper fort.
Teknival : tensions croissantes entre festivaliers et gendarmes à Bourges
©Handout, AFP - Photo émanant de la gendarmerie nationale, le 3 mai 2026, montrant une vue aérienne du lieu où se tient une free party géante sur un site militaire à Cornusse, près de Bourges

Dimanche, de nombreux participants au Teknival de Bourges ont quitté le terrain militaire investi depuis vendredi, tous systématiquement contrôlés et verbalisés par les gendarmes, conformément aux directives du ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, qui a exprimé sa volonté de "mieux réprimer" ces rassemblements jugés illégaux.

Au début de l'après-midi, plusieurs scènes étaient désertées, bien que des concerts devaient encore se tenir en soirée, tandis que de nombreux festivaliers se dispersaient vers les villages alentour, à pied ou en voiture, sous un ciel orageux, selon un reporter de l'AFP.

Tous les participants étaient contrôlés à l'un des 14 points de vérification mis en place par les gendarmes, depuis le lancement de l'événement qui a attiré jusqu'à 17 000 personnes, ou même 40 000 selon des sources proches des organisateurs.

"On s'y attendait, mais ils ne sont pas méchants, ils sont cools", confie "Caro", qui a choisi de garder l'anonymat. "À partir du moment où l'on sait qu'on n'a rien à se reprocher, il n'y a pas de souci. Donc 300 euros, c'est un risque que l'on prend", témoigne Sam, un autre teufeur.

Laurent Nuñez a déclaré que "tous ceux qui quittent ce Teknival" seraient "verbalisés à double titre", pour avoir pénétré sur un terrain militaire et pour leur participation à un rassemblement illégal.

- Revendication et "Ripost" -

Comme les organisateurs, de nombreux participants souhaitent exprimer leur mécontentement face à l'arsenal légal visant à pénaliser les rave-parties non déclarées. Des manifestations sont prévues les 30 mai, 6 et 13 juin dans plusieurs villes, dont Paris, pour s'opposer à la proposition de loi 1133, récemment adoptée par l'Assemblée, mais encore à examiner au Sénat. Ce texte propose des peines de prison et des amendes considérables pour ceux qui contribuent, directement ou indirectement, à l'organisation de ces événements.

La révolte émanant du Teknival de Bourges, selon Laurent Nuñez, "ne fera que renforcer la détermination du gouvernement à sévir contre ces organisations sauvages, qui échappent à la compréhension de nos concitoyens." Après avoir visité le dispositif mis en place, il a ajouté : "Cela consolide ma conviction de continuer à défendre le projet de loi sur la répression des rave parties, connu sous le nom de +Ripost+." Ce projet, présenté fin mars au Conseil des ministres, propose de sanctionner l'organisation d'une rave non déclarée par une peine de deux ans de prison et 30 000 euros d'amende.

- Découverte de munitions -

La préfecture du Cher avait anticipé des risques liés à la présence de munitions non explosées dans certaines zones de cet immense champ de tir, en usage depuis plus d'un siècle. Deux obus ont été découverts ce week-end à proximité du rassemblement, nécessitant l'intervention des démineurs, selon les autorités.

"On n’a même pas le droit d’aller promener notre chien dans le coin, et eux, ils s’installent pour faire la fête tout en prenant des risques", s'agace Alain, un riverain interrogé par l'AFP. Toutefois, une retraitée tempère : "Ce sont des jeunes qui veulent juste s’amuser, les maisons sont éloignées, donc ils ne dérangent pas tant que ça."

Laurent Nuñez, qui a rencontré des agriculteurs, des riverains et des élus, a mis en avant "les nuisances" causées par des événements de ce type, "qui ne respectent aucune réglementation juridique." Le maire de Bengy-sur-Craon, Denis Durand, déplore les bouchons durant huit heures et les besoins naturels laissés à l'air libre, tout en admettant que la plupart des festivaliers sont restés amicaux.

Les déchets dégagés par la foule sont une préoccupation majeure pour les élus. "Nous craignons ce que nous allons retrouver après le départ des festivaliers", a déclaré Alain Blanchard, le maire d’Avord, où se trouve l’une des gares les plus proches du site. Arthur, un festivalier parisien, assure : "Nous faisons attention à laisser les lieux propres, on collecte les déchets." Des bennes à ordures sont présentes sur le site, et des pauses de nettoyage sont planifiées, selon les festivaliers.

Selon M. Nuñez, 337 "rassemblements musicaux illégaux" ont été dénombrés en 2025, avec une participation moyenne de 300 personnes. Seulement 4 % de ces événements ont rassemblé plus d'un millier de participants.

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