Dans un contexte préoccupant concernant l'utilisation détournée du protoxyde d'azote, l'association Antoine Alléno a décidé d'agir en justice contre la marque Cream Deluxe ainsi que ses distributeurs européens, IVM Firma Handlowa et le fabricant chinois Zhuzhou Xingye Chemical.
Suite à une enquête publiée par l’Humanité en novembre dernier, ces sociétés sont désormais confrontées à une action en justice pour leurs rôles dans la commercialisation du protoxyde d'azote. Le litige, porté par l'association, concerne non seulement la vente, mais aussi la conception, la fabrication et la publicité des cylindres de ce gaz hilarant.
Nomée d'après le fils d'Antoine Alléno, un chef cuisinier tragiquement décédé à la suite d'un accident routier, l'association milite également pour la création d'une nouvelle infraction pénale visant les homicides routiers ainsi que pour une interdiction totale de consommation du protoxyde d'azote.
Rejointe par l'AFP, l'entreprise IVM Firma Handlova a nié être actuellement « le distributeur de Cream Deluxe ». Ils ont affirmé avoir stoppé toute vente en France, citant des problèmes de mésusage du produit. Cette déclaration survient alors que le propriétaire de l'entreprise, Ivar Vethman, avait menacé de poursuites judiciaires contre l’Humanité, sans toutefois donner suite aux intimidations.
Le début d’une longue procédure
Dans cette bataille judiciaire, l'association Antoine Alléno demande au tribunal de Paris d'ordonner aux entreprises concernées d'arrêter leurs activités en France, sous peine de sanctions financières. En plus, une indemnisation de 25 000 euros est réclamée pour couvrir les frais juridiques engagés.
Ce type de procédure pourrait s'étendre durant près de deux ans, selon l'avocat Benoît Javaux, qui a exprimé des inquiétudes concernant l'autrefois efficace « effet utile » face à une structure aussi « opaque ».
Le protoxyde d'azote est également ciblé par le projet de loi « Ripost », qui vise à criminaliser l'inhalation de ce gaz et à punir son utilisation sur la route. Les experts, comme le chercheur Yann Bisiou, estiment que ces mesures demeurent insuffisantes et inefficaces pour lutter véritablement contre le fléau du protoxyde d'azote.







