L'essentiel : Les socialistes se retrouvent de nouveau dépendants des ententes avec La France Insoumise (LFI) pour s'imposer. Cette multitude d'alliances pourrait compromettre leur travail parlementaire visant à s'émanciper des outrances des Insoumis.
Retour à la case départ… Le divorce apparent entre le Parti Socialiste et les Insoumis semble être un souvenir lointain. Ce retour en arrière évoque le temps du Nouveau Front populaire, une coalition de partis de gauche née de la dissolution des structures antérieures. Malgré des efforts pour se distancier, comme le refus de censurer le gouvernement ou la récente dénonciation par le PS des propos antisémite de son leader, le PS se retrouve piégé dans le filet tendu par Mélenchon.
Avec plus de 10 % des voix, LFI affirme à nouveau son rôle crucial dans les municipales, ce qui remet en question les récentes critiques du PS envers les déclarations polémiques de Mélenchon. La demande de distance vis-à-vis des "propos antisémite" du leader insoumis semble avoir été rapidement oubliée.
Deux chemins difficiles
Olivier Faure, secrétaire général du PS, doit naviguer entre deux choix risqués. S'il refuse de s'allier aux Insoumis dans des villes comme Paris ou Marseille, il risque de se voir accuser de laisser le champ libre à la droite et à l'extrême droite. Jean-Luc Mélenchon a d'ailleurs critiqué Benoît Payan pour son refus d'alliance à Marseille.
A Paris, des manifestations ont eu lieu devant le QG du socialiste Emmanuel Grégoire, suite à son refus d'une alliance avec Sophia Chikirou de LFI. De l'autre côté, dans les municipalités où le PS a choisi de collaborer avec LFI, ses membres font face à d'importantes critiques, même en interne. Pour contrer ces reproches, Raphaël Glucksmann a exhorté ses candidats à se retirer des listes si des Insoumis y figuraient.
Face à ces dilemmes, la direction du PS a opté pour l'alliance avec LFI, sous la pression de candidats souhaitant remporter des victoires et de militants fatigués des défaites, tout en cherchant à conserver leur ancrage local. À ce moment précis, Olivier Faure n'avait pas encore pris la parole, mais Arthur Delaporte, porte-parole du PS, a affirmé aujourd'hui que des fusions avec LFI étaient possibles à condition de respecter des valeurs partagées.
Malgré quelques succès lors des dernières élections, le PS semble de nouveau fragilisé, pris entre sa volonté de se démarquer de LFI pour renforcer son image présidentielle et la nécessité de remporter des élections. Faure avait promis qu'il n'y aurait pas d'alliance nationale avec LFI, mais la multiplication des accords locaux pourrait bien le contraindre à revenir sur sa parole.







