La dynamique politique à Lille prend un tournant surprenant à quelques jours du second tour des municipales. En effet, l'écologiste Stéphane Baly, arrivé en troisième position lors du premier tour, a décidé de faire front commun avec le maire socialiste sortant, Arnaud Deslandes, qui a terminé en tête. Cette initiative laisse La France insoumise (LFI) isolée, mettant en avant une recomposition de la gauche lilloise.
Arnaud Deslandes, ayant succédé à Martine Aubry il y a un an, a obtenu 26,26 % des suffrages. En revanche, la candidate LFI, Lahouaria Addouche, avec 23,36 % des voix, cherchait également à établir un rapprochement avec Baly. Il est intéressant de rappeler qu'en 2020, les socialistes et les écologistes, autrefois alliés, avaient choisi de se présenter séparément en raison de tensions sur divers sujets tels que la gestion de l'espace public et la vidéosurveillance.
Baly, ancien adjoint à Aubry, avait ouvertement critiqué son ancien allié sur plusieurs dossiers, notamment la transformation de l'ancienne gare Saint-Sauveur. Cependant, dans un communiqué, la liste de Baly, Lille Demain, affirme avoir obtenu des garanties suffisantes en termes de représentation et de programme au sein de la liste fusionnée avec Deslandes.
Cette alliance semble offrir une opportunité à Deslandes, 43 ans, qui mène pour la première fois une campagne municipale sur son nom, après avoir occupé diverses fonctions dans l'équipe de Martine Aubry. Pour sa part, les écologistes lillois ont mené en parallèle des discussions avec LFI et le PS, témoignage des manœuvres complexes en coulisses.
La réaction de LFI a été sèche, qualifiant cette alliance de "tambouille électoraliste" et exprimant leur incompréhension face à la contradiction entre les promesses de Baly et son nouveau choix stratégique. Lahouaria Addouche et Aurélien Le Coq, député du Nord, avaient également émis des suggestions d'accord imminent avec les Verts.
Deslandes a rapidement tendu la main à Baly, mentionnant les nombreuses "convergences" entre leurs programmes. Selon une source proche du PS, cet accord répond à une demande des écologistes concernant des alliances futures à Lorient, Colombes et Poitiers. L'analyse de Cédric Passard, politologue à Sciences Po Lille, souligne que ces accords ont des ramifications politiques bien au-delà de la seule configuration locale.
Dans les rues de Lille, les opinions divergent. Amaria, 43 ans, fonctionnaire, trouve que les résultats du premier tour témoignent d'une stabilité de la gauche à Lille. En revanche, Clotilde Duquennoy, 33 ans, hésite à voter pour une liste qui pourrait s'associer à LFI, mentionnant les préoccupations liées à l'image du parti de Jean-Luc Mélenchon.
Le 22 mars, la ville se prépare donc à un second tour qui pourrait être marqué par cette alliance inattendue. La députée Renaissance, Violette Spillebout, arrive quant à elle à la quatrième place avec 11,1 % des voix, suivie de près par le député RN Matthieu Valet, qui a récolté 10,9 % des suffrages.
Violette Spillebout a également réagi à l'accord entre Deslandes et Baly, le qualifiant de "continuité" tout en confirmant sa volonté de se présenter au second tour.







