Bally Bagayoko, membre éminent de La France Insoumise (LFI), a captivé l'électorat en s'imposant à la mairie de Saint-Denis, infligeant une défaite cinglante au maire socialiste sortant, Mathieu Hanotin. Cette victoire, survenue au premier tour des municipales, témoigne de la dynamique croissante de LFI, qui, en partenariat avec le Parti Communiste Français (PCF), a su mobiliser les voix des citoyens dans cette enclave francilienne.
À 52 ans, Bally Bagayoko, un homme peu connu au-delà des frontières locales, a su prouver son talent électoral. "Sa réussite démontre que notre stratégie nationale fonctionne", a-t-il mentionné, faisant écho aux nombreuses critiques qui ont visé son parti ces derniers mois, résistant aux accusations d'amateurisme et de désinformation.
Pour Stéphane Peu, député communiste, Bagayoko n'est pas un néophyte. "Avec une solide expérience en campagne et en gestion municipale, il est prêt à endosser ce nouveau rôle", a commenté ce dernier. La ville, qui a récemment fusionné avec Pierrefitte-sur-Seine, compte environ 150 000 habitants, positionnant Bagayoko comme le maire d'une des plus grandes municipalités sous la houlette de LFI.
Né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens, Bagayoko a grandi à Saint-Denis et revient en politique en 2001, aux côtés du maire communiste Patrick Braouezec. "C'était un jeune très impliqué dans le mouvement sportif de la ville", se remémore Braouezec, soulignant également la participation électorale remarquablement basse, avec un taux d'abstention de 57 %. "Il devra gagner la confiance de ceux qui ne se sont pas déplacés", a-t-il averti.
Pour Manon Aubry, eurodéputée LFI ayant fait campagne avec Bagayoko, cette victoire illustre l'impact du travail de terrain réalisé sur plusieurs années, en faveur des luttes sociales. Sa colistière, Sofia Boutrih, souligne l'accessibilité de l'élu et son désir de "casser les clichés" qui entourent les politiques issus des quartiers populaires.
Bagayoko, ex-joueur semi-professionnel de basket, a habilement utilisé ses talents sur le terrain de campagne, se mettant en scène dans des vidéos : "Élevé en HLM, façonné par le service public, je comprends les injustices", a-t-il assuré aux électeurs, tout en abordant les dérives policières et discriminations rencontrées par les habitants.
Éric Coquerel, député LFI, a également souligné l'importance de son élection, notant que Bagayoko incarne les réalités vécues par de nombreux habitants de Saint-Denis, souvent marginalisés. Ce tournant politique a vu un ancien bastion socialiste perdre pied face à un discours renouvelé et une stratégie de proximité efficace.
La campagne a néanmoins été marquée par des tensions, les précédents dirigeants ayant accusé Bagayoko d'être associé à des narcotrafiquants. L'ancien maire Hanotin a subi une descente programmatique depuis sa victoire en 2020. Son score de 32,7 % est un revers inattendu, et ses ambitions pour faire de Saint-Denis un leader hôtelier d'ici 2030 semblent désormais compromises. Mathie Hanotin, qui n’a pas commenté sa défaite, voit cette dernière comme un coup dur pour sa vision et celle de son parti.







