La brigade financière de la police de Rennes fait état d'une augmentation significative des arnaques aux faux conseillers bancaires au début de l'année 2026. En janvier et février, près de 50 plaintes ont été enregistrées, un chiffre qui a doublé par rapport à l'année précédente pour cette circonscription d'Ille-et-Vilaine.
"C'est l'escroquerie à la mode", déclare la responsable de la brigade financière de Rennes. Ce phénomène, désormais connu, prend diverses formes, telles que les SMS invitant à renouveler une carte vitale ou à régler une amende sur un site officiel. En 2025, le nombre de plaintes avait déjà atteint 177 dans cette région.
L'escroc usurpe le numéro du conseiller bancaire de la victime
La méthode de ces arnaques est bien rodée. La victime reçoit un message l'incitant à effectuer une démarche : récupérer un colis, ou renouveler sa carte vitale, par exemple. En cliquant sur un lien fourni, elle expose alors ses données personnelles à l'escroc, qui peut ensuite accéder à ses comptes bancaires. Des techniques de hacking permettent également de prendre le contrôle de son téléphone.
Peu après, l'escroc se fait passer pour le conseiller bancaire de la victime, usurpant même son numéro. Il la persuade qu'une fraude a été signalée sur son compte et l'incite à effectuer des virements, qui sont immédiatement transférés vers des comptes à l'étranger. Dans certains cas, un faux coursier se présente au domicile de la victime pour récupérer sa carte, en lui faisant croire qu'elle sera détruite. En réalité, les escrocs l'utilisent directement aux distributeurs.
Les victimes ont raconté avoir eu le sentiment d'être hypnotisées
Cette manipulation complexe repose sur une habile méthodologie. "Il n'y a pas de victime type", souligne la spécialiste de la brigade, qui garde l'anonymat. Les échanges peuvent durer jusqu'à deux heures, créant un climat de confiance. Les victimes, après avoir porté plainte, rapportent souvent un sentiment troublant d'hypnose.
Les conséquences de ces arnaques peuvent être désastreuses, avec des pertes pouvant atteindre des milliers d'euros, selon les limites fixées par les banques. Bien que des plaintes soient déposées, la complexité des affaires complique les enquêtes. "À partir du moment où une personne valide une opération, les banques considèrent cela comme un acte volontaire, souvent générant un refus de remboursement", explique la cheffe de la brigade.
Actuellement, il n'existe pas encore de jurisprudence permettant de reconnaître les victimes de ces arnaques comme telles, rendant difficile la récupération des fonds ou la poursuite des escrocs.







