Entre 2020 et 2023, la Ville de Paris a octroyé plus de 70 subventions à des associations, et ce, malgré des avis administratifs défavorables. Une pratique singulière qui interpelle. Selon Le Journal du Dimanche, ces subventions ont été accordées alors que l'évaluation des risques (FER) effectuée par l'administration municipale avait initialement jugé ces dossiers « défavorables ». Ces avis ont ensuite été discrètement modifiés pour apparaître sous un jour plus favorable.
Ce recul administratif soulève des questions quant à la transparence et la rigueur des décisions financières. Normalement, un avis défavorable doit alerter le Conseil de Paris sur les risques d’une éventuelle aide publique. Cependant, des éléments ayant conduit à ces avis négatifs ont été atténués, voire omis dans des versions ultérieures des documents, comme l'a rapporté Le Point.
14 millions d’euros de subventions en question
Certaines demandes de subventions illustrent ces modifications discutables. Par exemple, la demande d’un montant de 1,1 million d’euros pour le théâtre Sylvia Monfort avait été jugée « négative » en 2021, en raison d’un risque de défaillance financière à court terme. Pourtant, elle a été reclassée par la suite comme « réservée ». En 2022, l'association H.A.W.A. au féminin a traversé un parcours similaire : bien que son dossier ait été jugé « défavorable » à l'origine, évoquant un manque d'intérêt public et des risques de requalification en aide économique, il a fini par recevoir un avis favorable.
D'après l’association Transparence citoyenne, qui a étudié et compilé ces fiches, 49 avis initialement défavorables ont été transformés en favorables, et 10 en avis réservés. En tout, cela représente environ 14 millions d’euros de subventions accordées. La mairie de Paris, quant à elle, défend cette procédure en la qualifiant d'obsolète et pointe un agent, dont le taux d'avis défavorables était nettement supérieur à la moyenne, comme étant l'unique responsable de cette situation.







