Ce vendredi, les figures du Rassemblement national ont investi le sud de la France, particulièrement Marseille, la deuxième ville du pays, qu'ils ambitionnent de conquérir, ainsi que les Alpes-Maritimes. Cette dynamique, symbolisée par une alliance avec Eric Ciotti, souligne une mutation profonde du paysage politique français.
Lors de sa visite à Marseille, Jordan Bardella est intervenu en faveur du député Franck Allisio, qui se retrouve en tête des sondages aux côtés de Benoît Payan. Pour les habitants de Marseille, il ne semble y avoir que deux options : "un sursaut ou le chaos". Le président du RN souligne l'importance nationale de ce scrutin, affirmant que la chute de Marseille entre les mains du RN pourrait provoquer un véritable tremblement de terre à l'échelle nationale.
Benoît Payan, dans les colonnes de Libération, a réagi avec fermeté : "Si Marseille tombe aux mains du RN, c'est un séisme pour le pays, surtout pour cette ville, parmi les plus vulnérables de France". Il a ainsi dénoncé les aspirations de Jean-Luc Mélenchon comme dangereuses pour la ville. Ses déclarations interviennent alors que le leader insoumis se rend à Marseille auprès de son candidat Sébastien Delogu, souhaitant capitaliser sur les tensions d'entre-deux-tours. Payan, bien positionné dans les sondages, rejette toute possibilité de rapprochement avec la gauche, appelant au désistement de la liste la moins bien placée.
À neuf jours du premier tour, la campagne du RN s'intensifie dans le Sud, où ils sont déjà bien implantés à Perpignan et Fréjus. Marseille représente une occasion en or pour eux, tout comme la ville de Menton. Cette dernière, avec ses 31 000 habitants, attire de nouveaux regards depuis que Louis Sarkozy, fils de l'ancien président, a décidé d'y lancer sa carrière politique.
Favori, la députée Alexandra Masson, ancienne militante UMP passée au RN, a toute les chances de participer au succès du parti, en dépit du soutien de LR, Horizons et Renaissance envers Louis Sarkozy. Face à elle, deux anciens adjoints, Sandra Paire et Florent Champion, présentent chacun leurs listes. Du côté de la gauche, Laurent Lanquar-Castiel, écologiste, se regroupe derrière un même objectif.
Les dissensions au sein de la droite sont exacerbées par l'héritage de l'équipe sortante. À noter que le maire Yves Juhel (LR), qui ne brigue pas un nouveau mandat, a récemment été condamné à trois ans de prison, dont un ferme, pour détournement de fonds.
Eric Ciotti a, quant à lui, dédié un moment aux enjeux nationaux de ces élections locales, qu'il perçoit comme une étape essentielle pour le redressement de la France. "Ici, quelque chose d'énorme se joue", a déclaré Bardella, mettant en avant les Alpes-Maritimes comme un exemple de cette recomposition politique.
En appelant "tous les électeurs de droite" à l'union, Bardella a mis en avant la construction d'un pont vers la victoire de leurs idées pour la présidentielle de 2027, en collaboration avec Ciotti.
En parallèle, à Paris, la campagne prend une tournure internationale. Viginum, le service antifraude numérique, a révélé qu'une ingérence numérique ciblait le candidat de centre-droit Pierre-Yves Bournazel, tentant de ternir son image via un réseau lié à la Russie.
Au Mans, Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis, a apporté son soutien au candidat Maël Brillant. À Lille, où la concurrence semble plus serrée, les écologistes, mobilisés autour de Stéphane Baly, tentent de capitaliser sur les difficultés de la maire sortante, Martine Aubry.







