La plainte déposée par le Syndicat national des agents publics de l'Éducation nationale (Snapen) contre Sébastien Lecornu, accusé de se prévaloir d’un master en droit sans avoir validé sa deuxième année, a été déclarée irrecevable par la commission des requêtes de la Cour de justice de la République. Cette décision a été annoncée par l'avocat du syndicat, Me Vincent Brengarth.
La Cour, seule entité habilitée à juger les membres du gouvernement pour des crimes et délits commis dans l'exercice de leurs fonctions, a rendu sa décision mardi. Selon elle, « les faits reprochés, même s'ils étaient établis, ne sont pas de nature à léser les intérêts du syndicat plaignant ».
Des critiques sur la gestion de la plainte
Me Brengarth a exprimé sa déception quant à la décision de la Cour, soulignant : « Au vu de l'intérêt démocratique de cette plainte, nous aurions espéré une réflexion plus profonde de la CJR. Cela démontre une fois de plus ses limites. » L'avocat indique que cette vision restrictif de la recevabilité empêche d'initier un débat sur le fond des accusations.
L'affaire a émergé à la mi-septembre lorsque Mediapart a révélé que Lecornu ne détenait pas le diplôme de master en droit public, contrairement à ce qu'affirmaient sa biographie officielle et son profil LinkedIn. En réponse, le Premier ministre a vigoureusement contesté ces allégations, qualifiant la polémique d'« artificielle » et menaçant de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.
Lors d'un entretien avec Le Parisien, Lecornu a affirmé avoir validé sa maîtrise en droit, correspondant à un niveau master 1, à l'Université Panthéon-Assas.
Cette affaire interpelle l'opinion publique sur la crédibilité des diplômes tels que présentés par les personnalités politiques. Face à la montée de ce type de controverses, certains experts suggèrent qu'une clarification accrue sur les qualifications des élus pourrait améliorer la transparence et la confiance des citoyens envers leurs représentants.







