Les députés sont attendus ce vendredi pour rejeter deux motions de censure déposées par la gauche non PS et l'extrême droite, en réponse à l'activation du 49.3 par Sébastien Lecornu concernant la partie "recettes" du budget. Ce geste permet au gouvernement d'entamer un second recours au 49.3 sur les "dépenses" du texte.
En romptant sa promesse du 3 octobre de ne pas user de ce dispositif, considéré comme controversé, le Premier ministre a décidé mardi de mettre en jeu la responsabilité de son gouvernement pour faire passer la première moitié du budget sans vote.
Des motions de censure ont été déposées par La France insoumise, le groupe GDR (composé de communistes et ultramarins), ainsi que les écologistes. Le Rassemblement national et son allié, le groupe Ciottiste UDR, ont également emboîté le pas, mais aucune de ces motions ne devrait recueillir suffisamment de voix, le PS et LR ayant déjà annoncé leur opposition.
Le Parti socialiste, bien qu'il ne soutienne pas totalement le projet, s'est félicité des "avancées" obtenues lors des négociations avec le gouvernement. Malgré son regret face à l'activation du 49.3—après avoir appelé son abandon—il estime que c'était la "moindre des solutions" en l'absence d'une majorité solide.
Dans sa motion, la gauche hors PS accuse le Premier ministre de "renier sa propre parole" et de réaliser des "coupes budgétaires inédites" pour atteindre un déficit de 5 %. "Les mesures présentées comme des compromis ne sont que poudre aux yeux", souligne-t-elle, citant la surtaxe sur les sociétés qui n'apportera que 7,3 milliards d'euros au lieu des 8 initialement escomptés pour 2025.
Les critiques vont également à l'encontre de la prime d'activité, considérée comme un moyen pour l'État de compenser le manque à gagner des grandes entreprises en faveur de leurs employés.
Le RN et l'UDR dénoncent eux aussi ce "reniement de parole" du Premier ministre, tout en critiquant un budget jugé inadapté face à la crise du pouvoir d'achat, sans justice fiscale ni économies structurelles, et qui accentue le déficit.
Après le rejet des deux motions, le gouvernement s'apprête à engager sa responsabilité sur les dépenses et la totalité du texte, provoquant inévitablement de nouvelles motions de censure qui, elles aussi, ne devraient pas obtenir le soutien nécessaire au sein de l'Assemblée nationale.
Après un passage rapide au Sénat, le budget reviendra à l'Assemblée pour un dernier passage au 49.3, suivi de nouvelles tentatives de censure.
Une fois ces étapes finalisées, le Premier ministre se rendra à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, vendredi après-midi, pour présenter un programme en faveur du logement, intégrant certaines mesures du budget.







