Le tribunal judiciaire de Nanterre a récemment annoncé une nouvelle enquête sur l'affaire Robert Boulin, instruite par trois juges du pôle "cold cases". Quarante-neuf ans après la découverte de son corps dans un étang, les doutes persistent concernant la nature de sa mort.
« Il avait l’air de tout, sauf d’un homme qui va se suicider », déclarait Gaston Flosse, député et l’un des derniers à avoir vu Boulin vivant. Malgré ses témoignages, l’enquête initiale a conclu à un suicide.
Ce nouvel élan dans l’enquête a été suscité par des incohérences maintes fois soulevées par des proches du ministre décédé. Le corps de Boulin, retrouvé le 30 octobre 1979, a été positionné dans une posture troublante. Le rapport de police indiquait qu’il était à genoux, visage immergé, à proximité de sa voiture où une note d’adieu a été retrouvée. Selon cette note, « Embrassez éperdument ma femme, le seul grand amour de ma vie. »
L’autopsie initiale a attribué sa mort à un suicide causé par l’absorption d’anxiolytiques, mais de nombreuses incohérences ont refait surface. Des témoins affirment avoir été informés de son décès plutôt dans la nuit précédente, et des éléments clés tels que des échantillons de sang ont disparu.
Incohérences dans l’enquête
Le lendemain de sa mort, son corps est découvert dans un bassin, mais des éléments rendent suspectes les conclusions de suicide. Des témoignages contradictoires et la découverte de son corps – avec des marques physiques inquiétantes – incitent à reconsidérer la version officielle. Une seconde autopsie réalisée en 1983 révèle plusieurs fractures crâniennes, ajoutant du flou autour de sa mort.
Les enquêteurs se sont également intéressés aux lettres retrouvées, qui selon certains, sont douteuses quant à leur authenticité. Fabienne Boulin-Burgeat, la fille de Robert, souligne que l’ADN de son père n’a jamais été établi sur ces documents. Ce qui soulève des questions sur la possibilité d’un assassinat politique, un sujet dont de nombreux analystes, y compris des membres de la famille, ont récemment discuté.
Des lettres d’adieu
Selon de nombreux experts, Boulin aurait pu être victime d'un assassinat lié à ses ambitions politiques. À l'époque de sa mort, il était pressenti pour un poste de premier ministre et son influence dérangeait certains de ses rivaux. Des théories évoquent qu'il aurait pu détenir des informations sensibles, ce qui aurait permis à ses opposants de l'éliminer.
Alors que la justice n’a toujours pas tranché définitivement entre l'hypothèse du suicide et celle du meurtre, l’enquête ranimée par le pôle "cold cases" pourrait apporter des réponses tant attendues. L’affaire Boulin est loin d’être enterrée et pourrait encore réserver des révélations surprenantes.







