Turn on, tune in, drop out… Ces mots d'ordre, emblématiques de la contre-culture des années 1960 portée par Timothy Leary, invitent à un détachement des normes établies en faveur d'un changement culturel. Cependant, alors que les idéaux des années 60 semblent avoir été éclipsés par le néolibéralisme des décennies suivantes, un nouvel engouement pour les drogues psychédéliques émerge aujourd'hui.
Traditionnellement associées à la jeunesse, ces substances intéressent désormais une génération de seniors, à commencer par les baby-boomers qui, dans leur jeunesse, ont exploré ces psychédéliques, et leurs idéaux d'amour libre. Alors que la recherche redécouvre les bienfaits potentiels de ces drogues tant sur le plan thérapeutique que personnel, les seniors pourraient-ils retrouver l'esprit de rébellion des années 60 ? Quelles en seraient les implications pour leur bien-être ?
Qui consomme des drogues psychédéliques ?
Malgré un regain d'intérêt, la majorité de la population n'expérimente pas les psychédéliques. En 2014, seulement 4,8 % des 18-64 ans avaient consommé des champignons hallucinogènes, et 2,6 % du LSD. Aujourd'hui, l'usage des psychédéliques ne correspond plus à une contre-culture ; il est de plus en plus intégré dans une dynamique de productivité. La Silicon Valley, par exemple, défend le microdosage, une pratique consistant à ingérer de petites doses pour en stimuler la créativité sans effets psychotropes notables, ce qui va à l'encontre des idéaux collectivistes d'antan.
À l'heure actuelle, il semblerait que les jeunes restent les principaux consommateurs, les 26-34 ans étant ceux qui expérimentent le plus ces substances. En 2014, 8,4 % d'entre eux avaient déjà consommé des champignons hallucinogènes. Ce phénomène met en lumière l'expérimentation générationnelle et suggère que les seniors, eux, se montrent moins enclins à cette pratique. Cependant, les récits de consommation, notamment d'ayahuasca, révèlent une approche souvent très sérieuse, loin d'une simple quête de plaisir.
Un intérêt médical et thérapeutique
Alors que la légalisation du cannabis s'étend aux États-Unis parmi les seniors, des chercheurs explorent maintenant d'autres psychédéliques comme la psilocybine pour traiter divers troubles, tels que les addictions et les maladies neurologiques fréquentes chez les personnes âgées, comme la sénilité et Alzheimer. D'autre part, l'impact transformationnel des drogues psychédéliques est mis en avant par ceux qui affirment avoir subi des expériences profondes, souvent qualifiées de cathartiques.
Les seniors, confrontés à des transitions majeures, telles que des deuils et le passage à la retraite, peuvent bénéficier d'une telle approche thérapeutique. Ces moments de vie, chargés d'angoisses—la maladie, la solitude, et la mortalité—peuvent générer des traumatismes profonds. Les psychédéliques pourraient offrir un cadre propice pour naviguer dans ces défis, aidant ainsi à réévaluer des relations ou à travailler sur des ressentiments non résolus. Bien que leur usage ne soit pas essentiel, ils pourraient s'avérer être une précieuse ressource sous la supervision d'un professionnel formé.
Un petit rappel légal
Malgré leur potentiel bénéfique, ces substances sont encore classées comme drogues récréatives, interdites dans la plupart des pays. Les intéressés doivent donc opérer sur un marché noir, ce qui peut poser des risques. Alors que des recherches sur ces substances se multiplient, leur stigmatisation reste un obstacle. Il est peut-être temps de considérer des approches plus ouvertes, permettant d'explorer ces outils en milieu thérapeutique, même dans des structures telles que les EHPAD, offrant ainsi une nouvelle perspective sur le vieillissement.







