Klaus Kallmann, descendant d'un collectionneur juif victime de la spoliation nazie, a déposé une demande de restitution pour une toile emblématique de Vincent Van Gogh, intitulée "Hôpital Saint-Paul à Saint-Rémy-de-Provence", peinte en 1889. Ce tableau, réalisé durant le séjour de Van Gogh à l'hôpital de Saint-Rémy, est mentionné dans sa correspondance avec son frère Théo.
L'œuvre représente le docteur Théo Peyron, qui s'est occupé de l'artiste. Félix Kallmann, grand-père de Klaus, avait acquis ce chef-d'œuvre à Berlin en 1914 avant qu'il ne disparaisse dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale. La toile a ensuite été localisée chez l'un des galeristes les plus influents de l'époque, Paul Rosenberg, en 1934.
Les recherches sur l'origine de cette œuvre, menées par la Mission de recherche et de restitution des biens culturels spoliés entre 1933 et 1945 (M2RS), n'ont pas encore abouti à des résultats clairs quant à son parcours, ce qui complique la quête de restitution. Selon des avocats spécialisés, l'évolution récente du droit sur la spoliation pourrait jouer en faveur de Kallmann.
Les Principes de Washington de 1998 et les réformes de la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation (CIVS) reconnaissent le caractère coercitif des transactions réalisées sous la pression nazie, renforçant la validité des demandes de restitution. Ainsi, même en l'absence d'une preuve directe de contrainte, des ventes réalisées durant cette période peuvent être considérées comme des spoliations.
Alors que près de 100 000 œuvres d'art ont été pillées durant l'Occupation, le Premier ministre de l'époque, Édouard Philippe, a reconnu lors d'une commémoration : « Nous ne pouvons accepter cette situation » en faisant référence à la présence d'œuvres spoliées dans les collections nationales. La France, en 2018, a renforcé ses efforts pour retourner ces biens culturels aux descendants de leurs propriétaires légitimes.
La CIVS est attendue pour rendre un avis ce printemps, qui pourrait donner un éclairage nouveau sur la demande de Klaus Kallmann, aujourd'hui âgé de 98 ans, et qui a amorcé sa requête en 2017.







