REPORTAGE. Au Grand Forum des libertés qui s'est tenu au cœur des Salons Hoche, Éric Ciotti a profité de l'occasion pour élargir son influence au sein de l'agenda politique français. Bien qu'il ne soit pas candidat à la présidence, le député des Alpes-Maritimes a articulé ses propositions économiques et politiques visant à renforcer le Rassemblement National (RN), dans le cadre d'une alliance des droites plus solide.
Il prône une orientation économique plus libérale, focalisée sur la réduction des dépenses publiques. "L'UDR doit devenir un laboratoire d'idées pour l'alliance des droites", affirme-t-il. En matière de soutien, Ciotti précise : "Je noue des alliances mais je m'assure que mes idées figurent dans la future plateforme gouvernementale".
Une réforme des retraites audacieuse
Ciotti a proposé l'introduction d'une dose de capitalisation dans le système de retraite, un sujet délicat pour le RN. "Le système actuel est devenu insoutenable", explique-t-il. Sa solution : établir une proportion des cotisations retraite à flécher vers des fonds de capitalisation, un changement qu'il considère essentiel pour garantir la pérennité du système de retraite à long terme. Selon lui, cette approche pourrait potentiellement augmenter les pensions de 30 % à terme, en prenant exemple sur les pratiques des pays nordiques.
Grâce à la retraite par capitalisation, votre argent vous appartient.
— Eric Ciotti (@eciotti) June 23, 2026
Concernant l'âge de départ à la retraite, il préconise une flexibilité dans la gestion de ce critère, soulignant que des mesures plus adaptées et pertinentes doivent être envisagées.
Réduction de la dette publique
Ciotti a également alerté sur la situation de la dette française, qui a doublé depuis les années 2000, affirmant que la charge de la dette pourrait atteindre 140 milliards d'euros d'ici 2030. Il insiste sur la nécessité de diminuer les dépenses publiques et d'optimiser l'épargne nationale, en réformant le Plan d'Épargne en Actions (PEA) pour dynamiser l'économie productive. Ses propos sont corroborés par des experts tels que Jacques de Larosière, qui soulignent l'urgence d'une gestion rigoureuse des finances publiques.
Le problème de la France, c'est le gaspillage des dépenses publiques.
— Eric Ciotti (@eciotti) June 23, 2026
Un affrontement avec Bruno Retailleau
Politique, Ciotti a ciblé Bruno Retailleau, le président des Républicains, qu'il accuse de soutenir une idéologie de gauche tout en prétendant être de droite. "Qui se rapproche véritablement de la gauche ? Ceux qui optimisent les dépenses ou ceux qui restent figés sur une hausse des impôts ?", interroge-t-il. Cette critique vise à redéfinir la véritable nature de l'UDR face à ses anciens alliés de droite.
Interrogé sur ses relations avec Retailleau, Ciotti se montre très direct : "Non, je ne suis pas proche de monsieur Retailleau qui soutient des décisions contraires à nos aspirations".
Un plan climatisation à la pointe
Autre point de son programme : la climatisation obligatoire dans les écoles, les établissements pour personnes âgées et les hôpitaux. Face aux défis climatiques croissants, il voit dans ces mesures une nécessité vitale tant pour la santé publique que pour l'éducation des jeunes, en s'attaquant au problème lors de la canicule actuelle. "Je préfère une approche rationnelle, utilisons la technologie pour nous adapter aux enjeux climatiques", déclare-t-il, soulignant son engagement pour un futur plus durable.
À dix-huit mois de l'élection présidentielle, Éric Ciotti s'efforce de montrer que l'alliance avec le RN peut être non seulement viable, mais aussi économiquement crédible. Bien qu'il ne soit pas candidat, il vise à devenir un architecte central de cette entente, poussant les LR à clarifier leur discours face à leurs choix politiques.







