Le gouvernement a tranché en faveur d'un financement totalement public pour la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) reliant Bordeaux à Toulouse. Cette décision, annoncée par Sébastien Lecornu dans une lettre adressée aux autorités régionales le 24 juin, met fin aux spéculations entourant un éventuel partenariat public-privé (PPP).
« Vous avez signalé, avec les collectivités impliquées, votre forte préférence pour une approche de conception-réalisation et votre opposition claire aux autres modèles proposés. Je vous informe que la réalisation du projet s'effectuera par le biais d'un marché de conception-réalisation », précise le ministre dans sa correspondance à Carole Delga (Occitanie) et Alain Rousset (Nouvelle-Aquitaine).
Un projet "irréversible"
La LGV est conçue pour réduire le temps de trajet entre Toulouse et Paris à environ trois heures et dix minutes d'ici 2032, tout en permettant également de relier Bordeaux à Dax, avec des gains de temps supplémentaires, d'ici 2034. À l'origine, le coût du projet était évalué à 14 milliards d'euros, financé à 40% par les collectivités, 40% par l'État et 20% par l'Union européenne.
Récemment, des voix au sein du Conseil d'orientation des infrastructures (COI) avaient évoqué la possibilité d'un PPP, arguant d'un coût probable augmenté de 20% et de l'incertitude quant à l'implication financière de l'État. En janvier, les autorités d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine avaient vivement critiqué cette approche, craignant qu'elle n'engendre des retards et des surcoûts pour le projet.
Sébastien Lecornu avait précédemment visité Toulouse, accompagné de son ministre des Transports, Philippe Tabarot, pour rassurer les partisans de la LGV, réaffirmant le caractère "irréversible" de ce projet. L'annonce récente, selon Carole Delga, représente "une victoire décisive" pour ceux qui soutiennent l'essor du réseau ferroviaire dans le sud-ouest de la France.
« Comme je vous l'avais indiqué le 7 mai dernier, les procédures nécessaires pour les appels d'offres commenceront d'ici la fin de l'année 2026 », a confirmé le Premier ministre, une information d'abord rapportée par le quotidien Sud-Ouest.







