Peu après son annonce, la proposition du leader du PS, Olivier Faure, d'une primaire en deux temps pour élire le candidat non mélenchoniste a été rapidement accueillie avec scepticisme. Cette initiative est rejetée tant par des membres internes que par figure montante comme Raphaël Glucksmann.
Olivier Faure, qui défend l'idée d'une candidature unique de la gauche hors Mélenchon pour faire face à l'extrême droite, est co-auteur de la primaire "de la gauche et des Écologistes" prévue pour juillet 2025. Plusieurs figures de la gauche, comme Marine Tondelier et les députés Clémentine Autain et François Ruffin, soutiennent cette démarche en arguant qu'une majorité d'électeurs de gauche l'exige.
Un défi à relever
Malgré l'hostilité persistante venue de certaines factions de la gauche, notamment de Glucksmann, Faure s'efforce de trouver un consensus. Son plan propose d'abord une primaire restreinte aux membres du PS et à quelques alliés, suivie d'une seconde plus large impliquant d'autres acteurs de la gauche.
Actuellement, Faure fait face à une résistance croissante. Sa proposition sera soumise au vote des militants le 9 juillet, une étape qui pourrait appuyer soit l'idée d'une simple primaire, soit celle d'une double primaire.
Ce projet, bien qu'ambitieux, ne fait pas l'unanimité. Glucksmann et son entourage critiquent la possibilité de deux primaires, une stratégie qu'ils considèrent comme un moyen d'enfermer la gauche dans un schéma trop exclusif. "Nous avions déjà manifesté notre désaccord sur l'idée d'une primaire, comment pourrions-nous maintenant accepter un processus encore plus complexe ?", a déclaré un proche de Glucksmann à l'AFP.
Un autre poids lourd du PS, l'ancien président François Hollande, exprime aussi des réserves : pour lui, la réussite d'une telle démarche semble improbable. "Ceux qui sont contre la primaire ne peuvent pas accepter cette double configuration", a-t-il déclaré en privé.
Vers une recomposition de la gauche
Au sein du PS, la voix de Boris Vallaud, chef des députés socialistes, s'élève également contre ce choix qu'il juge peu éclairé. Il considère cette proposition non seulement comme prématurée mais aussi comme un produit de la réfléxion extérieure à la base, ce qu’affirme l’entourage de Faure.
L'opinion parmi les Écologistes est mitigée. Des membres influents estiment que la logique interne du PS pourrait créer une confusion qui freinerait tout véritable progrès. Pour l'instant, la question demeure de savoir si Faure pourra obtenir le soutien des factions les plus réticentes, comme celle de Glucksmann, pour un processus qui pourrait potentiellement redynamiser la gauche face aux défis à venir.
Le 9 juillet sera donc un tournant décisif pour le PS, qui doit choisir entre innovation stratégique et tradition politique en vue de la présidentielle de 2027. Chacun attendra avec impatience le verdict des militants.







