Lors d'une intervention récente, Edouard Philippe, candidat du bloc central à la présidentielle, a exprimé sa volonté de modifier la Constitution afin de mieux prendre en compte les exigences de l'agriculture française dans la Charte de l'environnement.
Il a proposé, lors d'un déplacement dans l'Ain à l'occasion du congrès des Jeunes Agriculteurs, d'ajouter que « l'agriculture est un objectif légitime à avoir en considération » dans le texte fondamental. L'ancien maire du Havre a précisé que ce changement nécessiterait une modification de nature constitutionnelle à engager après l'élection présidentielle.
Intégrée à la Constitution française en 2005, la Charte de l'environnement établit un cadre pour les droits et devoirs concernant l'environnement. Elle affirme des principes stratégiques tels que la prévention, la précaution, et la responsabilité du pollueur.
Philippe a rappelé que l'intention première était de promouvoir la protection de l'environnement, une initiative qu'il jugeais judicieuse pour l'époque. Toutefois, il a mis en lumière la crise actuelle que traverse l'agriculture française, évoquant des similitudes avec les épreuves que la sidérurgie a affrontées dans les années 70. Il a souligné l'urgence de trouver un équilibre : « Il est crucial de préserver à la fois l'environnement et la vitalité de l'agriculture. »
Cette déclaration intervient après une censure du Conseil constitutionnel concernant un projet de loi proposé par le sénateur Laurent Duplomb, qui avait pour but de réintroduire sous conditions certains pesticides controversés. Une mesure contestée au nom de la Charte de l'environnement, mais soutenue par certains agriculteurs.
Dans un contexte similaire, la FNSEA, le principal syndicat agricole en France, appelle également à une réforme de la Charte afin de remplacer le principe de précaution par un « principe d'innovation », qui permettrait d’évaluer différemment le rapport bénéfice/risque selon les besoins agricoles contemporains. Exprimé avec conviction par Edouard Philippe et d'autres leaders, cet appel à la réforme pourrait redéfinir le paysage agricole français pour les années à venir.







