Cette menace a suscité des réactions variées, certains experts qualifiant ses propos d'"extraordinaires" (le Guardian) tandis que d'autres les jugent "improvisés" (Al-Jazeera). Les médias comme The Hill notent également que les commentaires de Trump sont "remarquables" dans le contexte géopolitique actuel.

Cette déclaration a été faite lors d'une réunion avec son cabinet, après que des rumeurs ont circulé sur d'éventuelles négociations entre Oman et l'Iran concernant un péage sur le détroit d'Ormuz. Trump a affirmé : "Personne ne va le contrôler. Ce sont des eaux internationales. Oman devra bien se tenir, comme tout le monde, ou nous devrons les faire exploser." Cette prise de position apparaît surprenante, d'autant plus qu'Oman a une relation stable et durable avec les États-Unis, ayant permis un accès aux ports et bases militaires américaines pendant des décennies.

Le site Al-Monitor souligne qu'Oman n'est pas seulement un allié militaire, mais qu'il a aussi joué un rôle de médiateur dans les tensions avec l'Iran par le passé. La question se pose alors : pourquoi Trump semble-t-il viser un pays avec lequel les États-Unis partagent une histoire si étroite ? Nombre de commentateurs se demandent même si Trump n'a pas confondu Oman avec l'Iran, tant ses propos semblent imprudents.

Cette approche militaire est une manifestation de la stratégie diplomatique de Trump, qui privilégie des menaces audacieuses. Al-Jazeera note que cela amplifie la rhétorique militaire de l'administration, avec des critiques la qualifiant d'"irresponsable", faisant écho à des accusations le comparant à un "chef de la mafia".

Pas de pression pour un accord

Pour sa part, CNN a récemment révélé que Trump avait mentionné l'idée d'"attaquer ou menacer" un pays au cours de treize incidents distincts durant ses mandats. Il a été noté qu'avant d'accéder à la présidence, Trump critiquait ceux qu'il considérait comme des interventionnistes. Cependant, au pouvoir, il a élargi cette liste pour inclure des pays comme le Venezuela, le Canada, et maintenant Oman.

D'autres sources comme Middle East Eye indiquent que l'administration Trump semble entretenir des griefs contre Oman, malgré une relation historique qui remonte au XVIIIe siècle. Cette situation est d'autant plus déroutante que l'État du Golfe a récemment cherché à renforcer ses liens avec les Trump, construisant par exemple des infrastructures de loisirs associées au nom du président.

En outre, bien que Trump ait affirmé qu'Iran "veut réellement conclure un accord", ses paroles témoignent aussi d'une volonté manifeste de ne pas céder à la pression, comme rapporté par Washington Post. Ses menaces envers Oman, tout en cherchant des solutions diplomatiques, pourraient bien refléter une stratégie de pression calculée pour renforcer sa position au sein des négociations avec Téhéran.

Comme l'a suggéré le négociateur iranien Ebrahim Azizi, Trump semble naviguer entre la menace et l'incitation à un dialogue, ce qui soulève des questionnements sur la viabilité de sa diplomatie au Moyen-Orient. À mesure que les tensions militaires cinéographient la dynamique régionale, la question demeure : quel est l'avenir des relations entre les États-Unis et ses alliés traditionnels ?