La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a abordé ce lundi sur franceinfo les implications de l'élargissement du corps électoral prévu pour les élections provinciales du 28 juin en Nouvelle-Calédonie. Annoncée par Sébastien Lecornu, cette mesure a suscité des réactions mitigées tant chez les indépendantistes que chez les loyalistes. Pour Naïma Moutchou, cependant, cette initiative représente un point d'équilibre plutôt qu'un échec.
Alix Bouilhaguet : Le conflit persistant en Iran impacte négativement les prix des carburants. Que dire à nos compatriotes ultramarins qui se préparent à rejoindre leurs familles cet été ?
Naïma Moutchou : Je comprends les préoccupations de nos compatriotes en matière d'augmentation des prix, surtout face à un coût de la vie déjà élevé. Avec le Premier ministre, nous sommes en veille constante pour suivre cette situation délicate.
Néanmoins, avez-vous des garanties quant aux vols d'été ?
Après des discussions avec les compagnies aériennes et le ministre des Transports, je peux assurer qu'il n'y aura pas de pénurie de carburant cet été et que tout sera mis en œuvre pour garantir la continuité territoriale.
Et qu'en est-il des prix des billets d'avion, y a-t-il des augmentations à prévoir ?
Actuellement, nous avons constaté des hausses, mais nous suivons la situation attentivement. Le Premier ministre a indiqué que des ajustements budgétaires seraient envisagés si nécessaire afin de faciliter les déplacements des Ultramarins.
Concernant la vie chère, les tarifs de l'essence sont fixés par l'État chaque mois par les préfets. Pourquoi un système similaire ne serait-il pas mis en place en métropole pour aider les Français ?
Cela ne revient pas à un blocage des prix. Le système en vigueur en Outre-mer est une régulation par les préfets, et il est impossible de transposer cela en métropole dans le contexte budgétaire actuel. La réalité économique impose des choix ciblés plutôt que des mesures globales.
Revenons à la Nouvelle-Calédonie. Les élections du 28 juin, cruciales pour l'archipel, verront un corps électoral élargi aux personnes nées sur le territoire depuis 1998. Ce changement, bien que critiqué par les Kanaks comme un passage en force, vise à donner une voix à un plus grand nombre de citoyens. Comment justifiez-vous cette décision ?
Ces élections représentent un exercice démocratique essentiel, permettant aux Calédoniens de se prononcer et d'affirmer leur voix dans le schéma institutionnel en cours. Cet élargissement n'entraîne pas un bouleversement, mais un léger ajustement afin de prendre en compte des milliers de citoyens qui ont été jusqu'ici exclus du processus. Cela représente une question de justice et d'équilibre.
Pourtant, cet élargissement du corps électoral laisse les deux camps insatisfaits. Certaines voix y voient un échec politique. Que répondez-vous ?
Je pense qu'il s'agit davantage d'une concession que d'un échec. Comme souvent en Nouvelle-Calédonie, les compromis sont le fruit de concessions réciproques. C'est un premier pas qui doit mener à des résultats concrets. Il est impératif de progresser dans le sens d’une démocratie plus inclusive.
Cliquez sur la vidéo pour visionner l'entretien complet.







